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09/03/2010

"Une des choses les plus diaboliques que j'ai pu lire..."


J’étais tranquillement en train d’effectuer une recherche sur Internet quand de liens en liens je suis tombé sur cet article : Affaire Coupat : « L’insurrection qui vient » affole les Américains. Tout d’abord intrigué par ce titre, je décide d’aller lire l’article, une question en tête : en quoi ce bouquin anonyme attribué à Julien Coupat peut-il bien affoler la patrie du libéralisme?

Mais avant toute chose, petit retour historique : Julien Coupat, pour ceux qui ne se souviennent pas, est cet horrible terroriste anarcho-autonome qui voulait renverser la société en perturbant le trafic des TGV. Le 11 novembre 2008, une vingtaine de personnes sont arrêtées dans une ferme près de Tarnac (Corrèze), neuf d’entre elles seront mises en examens pour actes de terrorisme car soupçonnées d’avoir participé aux sabotages des lignes TGV survenus quelques jours plus tôt. Au terme d’une opération de police digne d’un film hollywoodien et d’une enquête Kafkaïenne les seules preuves rassemblées contre les désignés coupables furent : leur présence à proximité des lieux de sabotage, de la littérature insurrectionnelle, révolutionnaire et anarchiste et surtout du matériel de terrorisme, à savoir : une échelle… Après une phase d’emballement judiciaire et médiatique, l’affaire s’est vite dégonflé comme un ballon de baudruche tournant en ridicule l’antiterrorisme, la justice et la ministre de l’intérieur Michèle Alliot Marie, ce qui pourrait prêter à sourire si Julien Coupat n’avait pas passé 7 mois en prison faisant les frais de la toute récente paranoïa du ministère de l’intérieur concernant les groupes anarchistes autonomes. Et pourtant dès le 10 novembre, soit la veille des arrestations, un groupe d’écologistes radicaux allemand avait revendiqué les sabotages.

Que raconte ce livre ? En (très) bref : il part du constat d’absurdité et de déliquescence de la société de consommation, du système politique et de l’économie capitaliste, et lance un appel à la révolte, donnant les raisons autant que les moyens d’une révolte destinée à inverser la vapeur et à faire émerger une société basée sur l’autogestion. En France ce livre ne fit pas de vagues, faisant partie d’une littérature politique d’extrême gauche à la diffusion confidentielle, et n’étant que l’expression d’une frange du paysage politique. Par contre aux USA où une traduction va bientôt paraître, il a retenu l’attention d’un chroniqueur ultraconservateur de Fox news : Glenn Beck. Bien connu des Américains pour ses harangues fustigeant le gouvernement Obama, la gauche, les athées et d’une façon générale tout ce qui ne semble pas ressembler à un American Dad. Que cet homme qui déclare rêver de tuer Mickael Moore, ou traite de « sac à merde » le père d’un GI décapité en Irak (qui avait critiqué le gouvernement Bush) se soit fait un gros flip en voyant de la littérature anar en vente libre à Washington DC, n’a rien de surprenant, mais c’est le ton employé, caractéristique de certains médias aux état unis qui m’a le plus interpellé. Je vous invite à regarder la vidéo (traduite pour les non bilingues ou ceux qui auraient pris Allemand première langue).

Sur fond d’images des émeutes de 2005 Glenn Beck nous sort un prêche sur les horribles gauchistes qui veulent détruire la société en prenant les armes, une nouvelle forme de terrorisme qu’il faudrait éradiquer avant qu’elle ne prennent de l’ampleur. Et si on l’écoute, le monde serait mis à feu et à sang par de dangereux révolutionnaires (même les Japonais manifestent : « il ne font pas ça d’habitude !») et seul les USA semble y échapper, mais plus pour longtemps. En opposant ce livre (qu’il n’a pourtant pas lu) au sien qu’il agite comme une bible à tout bout de champ, il définit les rôles de chacun dans son petit théâtre : une gauche créatrice de troubles face à ses amis conservateurs « bienveillants » pour le pays. En mélangeant contestation sociale, émeutes des banlieues et théories révolutionnaires, Glenn Beck déterre le vieux spectre du bolchevique le couteau entre les dents pour faire trembler l’Américain moyen sur fond de menace terroriste. En bref une nouvelle mise en scène démagogique du terrorisme au but politique à peine voilé.

À suivre quelques photos prises lors d’une manifestation de soutient aux inculpés de Tarnac, ayant eu lieu à Paris en Janvier 2009.




Seules violences à déplorer lors de ce rassemblement de révolutionnaires en puissance : quelques tirs de feux d’artifice (sûrement achetés chez Tati) sur les forces de l’ordre. Apparemment le grand soir n’était pas au programme, n’en déplaise à Glenn Beck. Mais dès qu’il aura fini de lire « the coming insurrection », je lui conseille de prêcher pour une vigoureuse campagne de bombardement de tous les magasins Tati, car c’est là que semblent se fournir ces terroristes.

Adrien

(Photos: Copyright Adrien Labit)



04/03/2010

Jessica Dimmock



Dans son livre Junky, William S. Burroughs raconte son expérience de l'héroïne, l'expérience d'une vie entière.

Papi Burroughs s'appellait déjà William Seward Burroughs, notre Willy junky est donc le 2nd William Seward Burroughs de sa famille. En 1947, il a affublé son fils du même nom. "Jamais deux sans trois" comme disent certains piliers de bar. Le Junky n'en est pas moins unique.

La vie de William S. Burroughs fut quelque peu mouvementée. La base est la même que pour un individu lambda. Il est né, il est mort. Entre ces deux dates buttoirs, Willy a fait plein de choses improbables.
Une fois où il avait consommé un peu trop de trucs qui altèrent la conscience et mettent dans un état second, il s'est pris pour un Guillaume Tell des temps modernes (un flingue à la place de l'arc) avec Joan, sa femme. Elle a perdu.
Ils étaient au Mexique. Elle n'a pas choisi d'y rester, il a choisi la fuite et la came.


L'un est romancier, l'autre photographe.
Si William S. Burroughs aborde le thème de la drogue grâce à sa prose et ce qu'il a vécu, Jessica Dimmock documente la vie d'accros à l'héro' cloitrés dans un appartement new yorkais.


La vidéo de the Ninth Floor.
www.jessicadimmockphotography.com


Aurélien.






26/02/2010

Les p’tits papiers







Il fallait bien qu’un jour je me décide à poster un article sur ce blog, car la position attentiste qui a été la mienne jusque-là risquait de me faire encourir les foudres de mes camarades plus prolixes dans la rédaction de leurs billets.

Après une longue phase de réflexion sur ce qui pourrait constituer un article sur Centtrentecinq, j’ai décidé que ce serait de littérature dont allait parler mon premier post. Comme beaucoup de gens je lis des romans policier. Vous savez, ces bouquins où généralement les flics sont sympas et mènent des enquêtes pleines de rebondissements pour arrêter de vrais méchants « qu’on est content de les voir en taule (ou mort) à la fin ».

Oui je sais, c’est une vision romanesque de la police, ici pas de bavures, ni d’abus de pouvoirs, pas d’intrigues basées sur des délits d’automobiliste ou de tapages nocturnes. On est le plus souvent à des milliers de kilomètres de la réalité du métier d’inspecteur, de gendarme ou de détective privé. Mais imaginez un instant que pour passer le temps dans les transports en commun, vous deviez vous taper 300 pages sur les enquêtes du capichef Nanard gendarme à Hudimesnil, franchement je crois que vous préféreriez de loin vous taper la soupe prédigérée d’informations insipides du Direct soir. Imaginez au contraire, si la vraie vie ressemblait à un roman : hé bien, je vous le dis, ce serait le bordel. En se basant sur une série policière moyenne se déroulant dans une petite ville, et à compter de la parution d’un bouquin tous les ans sur dix ans, la population du secteur serait assez vite décimée par environ quatre guerres des gangs et cinq ou six psychopathes. Donnant des chiffres d’insécurité capable de faire élire Brice Hortefeux président de la république à vie.

Donc le roman policier ce n’est pas la réalité, c’est du divertissement, du plaisir de lire, du suspense, des personnages attachants, des ambiances… Enfin pas uniquement, il est des auteurs qui lient le roman policier à la culture militante en basant leurs romans sur des faits historiques réels. On citera par exemple : La position du missionnaire de Jean-Paul Jody, livre très bien documenté, dont l’intrigue nous fait découvrir les dessous du génocide au Rwanda. Ou les romans de Didier Daeninckx qui s’appuient sur des faits comme la manifestation sanglante du 17 octobre 1961, les fusillés pour l’exemple de 1917, ou encore les zoos humains de l’exposition coloniale de 1931. Il s’agit évidemment d’auteurs engagés, on parlera plus généralement de roman noir pour désigner un polar inscrit dans une réalité sociétale précise et porteur d’un discours critique sur cette réalité, ce qui franchement n’a rien à voir avec Julie Lescaut et c’est tant mieux.

Les éditions Baleine se sont fait une spécialité dans ces romans engagés (plutôt à l’extrême gauche), et s’est construit une réputation par la lutte contre l’extrême droite. Mais cet éditeur à l’intention d’ajouter à son catalogue un certain François Brigneau, et ce n’est pas du tout du goût des autres auteurs publiés chez Baleine.

Pour comprendre il faut voir le CV de ce François Brigneau : il s’engage dans la milice en 1944 ce dont il « tire une certaine gloire » encore aujourd’hui, et c’est pourquoi il finit en taule à la libération. Une fois dehors il se lance dans une carrière de journaliste pour différents journaux (entre autres): La dernière lanterne (journal de sympathisants de l’Action Française), L’indépendance Française (encore une résurgence de l’Action Française), Minute (journal de la droite extrême puis de l’extrême droite) et National Hebdo (le journal du FN). Il s’engage également en politique dans différents partis de la droite nationaliste, devient membre de l’ordre nouveau (cliquez sur le lien, je suis sûre que vous connaissez au moins le symbole) avant de devenir cofondateur du FN. Le mec est aussi écrivain, notamment de polar c’est pour ça qu’il a atterri chez Baleine, mais les livres qu’il publie par l’intermédiaire de sa propre maison d’édition sont également édifiant sur la mentalité du bonhomme Si Mussolini était conté ; Philippe Pétain : Le chef de guerre – Le chef de paix – Le chef de l’état nouveau – Le théoricien de la révolution nationale – Le maudit : 40 ans après sa mort ; Le jour où il tuèrent Philippe Henriot. Voici quelques exemples de la littérature de François Brigneau, mais je m’arrête là car je commence à sérieusement avoir la nausée.

Vous l’aurez donc compris ce François Brigneau est un facho pur porc, c’est pour ça que les auteurs publiés chez Baleine crient à la trahison et veulent empêcher son entrée au catalogue de la maison d’édition.

Mais ce qui me surprend le plus c’est qu’en parcourant sur le net les articles traitant de ce sujet j’ai trouvé un nombre relativement important de commentaires qui y dénonçaient une censure de la part des auteurs en colères, ils bafoueraient la liberté d’expression, rien que ça ! Ce à quoi je répondrais : vous avez beau respecter la liberté d’expression, ce n’est pas pour autant que vous aimeriez voir votre pire ennemi dîner à votre table. En tout cas moi je n’aimerais pas manger à celle de François Brigneau.


Adrien.

Voir les articles sur Rue 89 et Slate.fr ainsi que la bio complète de François Brigneau sur Wikipédia.


18/01/2010

Hunter S. Thompson


Je viens de tomber sur un site qui expose des photos de Hunter Stockton Thompson.
Le papa du journalisme gonzo a passé du temps avec les Hell's Angels (avant qu'ils lui déglinguent la gueule), en voici quelques clichés.


Aurélien.






17/01/2010

The Selby



The Selby, c'est Todd Selby.
The Selby, c'est l'outil rêvé de n'importe quel apprenti cambrioleur.
Todd est photographe. Il vit à NY, mais va souvent à Londres, Tokyo, Paris, (…) et photographie les appartements de gens qui font des métiers cool: des acteurs, photographes, graphistes, mannequins, auteurs, …



Aurélien.