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06/07/2010

Irwin Barbé

Vice dit qu'il fait partie de la troisième génération de clones de Ryan Mc Ginley, la comparaison est flatteuse. Irwin Barbé est un teenager qui photographie ses amis et qui le fait bien.
Je lui ai demandé de sélectionner quelques photos et de les expliquer, les voici :


Aurélien.

Le jour de l'an à Barcelone, après une nuit blanche. Avant l'aube, on avait quand même un peu dormi à l'intérieur d'une sculpture dans la rue qui avait la forme d'un cocon. Quand le jour s'est levé on a erré dans la ville, on a pris des photos de skaters qui faisaient encore la fête à dix heures du matin, et on a trouvé un parc de jeux pour enfant. Je prenais des photos au hasard, défoncé par le manque de sommeil. Le reste de la journée est un black-out, je me souviens juste avoir dormi dans un Starbucks et sur des bancs.

Là c'est Simon dans un marché désert de la banlieue de Varsovie. On est arrivé en Pologne le jour où le président et une bonne partie du gouvernement sont morts dans le crash d'avion. L'ambiance étaient plutôt glauque. Le centre de la ville surtout était insupportable, plein de bons croyants qui attendaient des heures pour se recueillir devant le cercueil des morts. Alors on a décidé de se casser en périphérie. On a joué à chat-perché sur les fondations du stade de foot en construction, on a couru dans des poubelles, et on a pris le tramway pendant des heures. Tout était gris.

C'est une photo de mon frère qui date de l'an dernier. On était censé aller à nos entraînements de judo le vendredi soir, mais à partir du début de l'été on s'est dit qu'on préférait sécher et aller faire du skate dans la ville. Il faisait super chaud, on écoutait Air France dans la voiture après nos sessions, transpirants. Ensuite on revenait chez nous, on disait rien à nos parents et dans la nuit on grimpait sur le toit de notre maison où on fumait des clopes avec notre petite soeur.

Ce bouquet de rose était juste devant une boîte de nuit à Biscarrosse, dans les Landes. Un mec s'était fait tuer au couteau dans une baston l'été précédent, et en hiver les fleurs étaient toujours là, à moitié enterrées sous le sable.

L'intérieur d'un hôpital psychiatrique dans le Var. J'accompagnais mon père qui rendait visite à son frère alcoolique, lequel avait failli crever la semaine précédente à force de se niquer à la bière forte. Je me suis promené et au bout d'un couloir, il y avait la lumière du soleil qui rentrait par une fenêtre et faisait des reflets surréels. Ça paraissait d'autant plus étrange dans cet endroit qui puait les psychotropes et où tous les patients étaient des dépressifs en bout de course.

Je m'endormais avec une copine dans le salon d'un appart où on avait fait la fête toute la nuit. Il y avait des gens qui dormaient un peu partout. Un bruit m'a tiré de mon sommeil éthylique. C'était une autre fille qui se douchait. En fait elle se douchait pas vraiment : elle avait fermé les portes de la douche et l'avait remplie de flotte pour pouvoir y prendre une sorte de bain. Ensuite elle est sortie fumer sur le balcon, encore mouillée de sa douche/bain. Le soleil commençait à se lever. Je me suis dit que c'était assez beau.



13/06/2010

Il y’a quelque chose de pourri au pays du pinard



Cent-trente-cinq, en pointe de l'actu... du mois dernier!
Le présent article dort dans mes cartons depuis au moins un bon mois... Pour des raisons indépendantes de ma volonté (oui les étudiants sont des branleurs, sauf un mois par an, pas de bol c'était celui-là) je n'ai tout simplement pas eu le temps de la poster avant. Mais rassurez vous, après une courte période de coma éthylique post-exams, 135 va revenir pour sa saison d'été, et laissez moi vous dire que ça va envoyer du lourd! Au programme: du sang, des larmes et du cul, à vous en faire oublier la réforme des retraites et le feuilleton de l'été. En attendant les festivités à venir je vous souhaite une bonne lecture. Quand ce ne sont pas les cités parisiennes, la crise grecque ou les volcans islandais qui font trembler la France, ce sont ses jeunes. « Une mode inquiétante » (Jean Pierre Pernaut, Claire Chazal...) s’est emparée de notre belle jeunesse. Qu’elle est elle cette mode ? Il s’agit de jeunes qui par l’intermédiaire du réseau social Facebook organisent de grands rassemblements à but festif dans les centres villes. Enfin, « organisent » le terme est un peu exagéré, disons plutôt que quelqu’un ou qu’un groupe de personnes crée un « événement Facebook » c'est-à-dire crée une page invitant les gens à se rassembler tel jour à tel endroit pour un apéro qui se veut géant. Géant car tout le monde y est invité, le but est d’être très nombreux. Il fait tourner l’info à ses amis qui le font tourner aux leurs et finalement le jour venu l’événement peut rassembler plusieurs milliers de personnes (9000 personnes à Nantes). Vous en avez forcement entendus parler, car depuis quelques semaines, cette « mode » fait les choux gras de nos médias qui de commentaires indignés en reportages sur le terrain viennent de lancer une nouvelle saison de : La jeunesse française est perdue, mon dieu, mais qu’est ce qu’ils ont dans le crâne ces jeunes à la fin !? Quand ce n’est pas la perfide Albion qui exporte le Bitch Drinking pour dépraver les Ados, c’est quelques irresponsables qui par le subversif internet les poussent à la débauche. Mais jusque là, malgré le tapage médiatique autour de ce phénomène, il fallait bien reconnaître que ça sonnait un peu creux comme info. Les discours indignés des journalistes et les interdictions prononcées par les pouvoirs publics ne paraissaient pas trop en adéquation avec l’image « bon enfants » qui ressortait des différentes manifestations ayant eu lieu. Mais depuis le 13 mai ils ont le cadavre d’un jeune homme à exhiber sur la place publique ! Cette pratique irresponsable à dérapé, les pouvoirs publics nous l’avaient prédit et les médias avaient eu raison de s’alarmer. Les discours entendus avaient déjà de quoi faire peur, mais maintenant les derniers irréductibles ne peuvent que reconnaître que tout ce cirque était justifié. Parents de France tremblez, vos chères têtes blondes se livrent à la débauche sur la voie publique.

Déconstructuction d’un discours stéréotypé :

Ces événements posent de gros problèmes de santé publique, car les jeunes se soulent jusqu’à la déraison, pour preuve : on dénombre plusieurs dizaines d’évacuations sanitaires pour coma éthylique lors de l’apéro tragique de Nantes. Ces apéros exposent donc la jeunesse aux ravages de l’alcool. Seigneur dieu ! Les jeunes se bourrent la gueule au pays du pinard ? S’il est certain que l’alcool est une vraie drogue dure qui fait de réels ravage (40000 morts par an), j’ai peine à croire que ce soit ce type de pratiques qui mènent le plus surement dans la dépendance. Dans un pays où selon les standards en vigueur (3 verres par jour) la moitié de la population est alcoolique, un tel argument peut prêter à sourire. Mais au pays du picon bière, ne sont alcooliques que les autres, Mimille peut finir tranquillement son quatrième pastis ce n’est pas le ministère de la santé qui va venir ébranler le zinc de son rade favori.
Le seul vrai risque sanitaire que courent ces jeunes c’est de se blesser ou de se tuer en adoptant des comportements à risques : c'est-à-dire faire n’importe quoi de dangereux sans mesurer que l’on ne tient même plus sur ses jambes. Mais pourtant pas besoin d’apéro géant pour qu’un type se blesse ou se tue en tombant d’une passerelle ou en se plantant dans un platane en bagnole, on peut très bien faire ça tout seul comme des grands ! La seule vraie solution à ce problème ne passe pas par l’interdiction des apéros géants, mais par la responsabilisation du public : ne prenez pas la bagnole quand vous êtes soul, et surtout faites attention aux gens autour de vous il se peut qu’ils se mettent en danger. Surveillez vos amis et vous même, et si vous êtes vraiment sympa les gens que vous ne connaissez pas, et on évitera alors pas mal de tragédies.
Le vrai problème serait donc plutôt sociétal, la société ne supporterait tout simplement pas de voir sa jeunesse se déglinguer. Empêcher les jeunes de se rendre à des apéros géants, c’est les protéger de leurs tendances autodestructrices dues à leur immaturité flagrante. On cherche avant tout à les protéger d’eux même, que c’est louable ! Pourtant quand elle fait ça chez elle, cette jeunesse immature, ça ne gène personne. Ni plus ni moins que quand elle le fait dans les boîtes de nuit, où pour 80 euros la bouteille d’alcool frelaté elle peut tituber jusqu’à plus soif pourvu qu’elle rentre en taxi. Ni même dans la plupart des festivals de l’été, des concerts, des fêtes foraines, des carnavals, des fêtes de villages ou des férias… Où pour la peine on peut être ivre de 7 à 77 ans sans que cela ne devienne une affaire d’état.
La différence se situe au niveau du fait que ces rassemblements provoquent de nombreux troubles de l’ordre public, en témoigne les dizaines de gardes à vus lors de l’apéro à Nantes. Effectivement tout rassemblement de personnes bourrés peut créer des troubles, à plus forte raison si l’on met des agents de police pour les surveiller. Quand on va à la recherche du délit, on le trouve plus vite que si on attend qu’il soit commis, et depuis que les forces de l’ordre ont pour mission de faire du chiffre la gamme des délits provoquant une garde à vue s’est même élargie : ce qui vous aurez conduit en dégrisement il y’a quelques années, vous mène tout droit au gnouf aujourd’hui. Quarante GàV pour 9000 personnes c’est quand même peu, surtout au vu de l’important dispositif policier mobilisé pour l’événement. On peut alors se poser une question : est ce de la tolérance de la part des forces de l’ordre ou bien n’y avait il que si peu de choses à sanctionner ? Surtout que 9000 personne bourrées ça en fait du bordel ! A-t-on déjà vu une commune prendre un arrêté anti-match de foot, pourtant ça en fait aussi du bordel un PSG/OM !
Mais qu’est ce qui pose problème à la fin ? La rue est un espace public et rien n’interdit aux personnes de se rassembler dans cet espace. Le fond du problème tient surtout au fait que ces rassemblements sont spontanés et ne passent pas par le cadre légal des autorisations et du contrôle des manifestations mis en place par les pouvoirs publics, dont de toute façon ils n’obtiendraient jamais les autorisations. L’état voit d’un très mauvais œil que des gens se rassemblent pour faire la fête sans lui demander son assentiment, il a aussi peur des rassemblements spontanés à but politique mais contre ceux là il dispose déjà d’un arsenal légal bien étoffé. Contre les apéros géants il se trouve limité : il ne peut pas interdire au gens de picoler, ni de faire la fête, ni même d’être dans la rue, pourtant il faut quand même sauvegarder l’ordre et la morale, que la place publique reste propre, et surtout que la population ne s’habitue pas à des pratiques (pour l’instant marginales) hors des cadres définis par la loi. Le vrai problème pour l’état est son absence de contrôle sur ces événements.
Les apéros géants ne furent pas les premiers événements à avoir été réprimés pour cette simple raison : les rave-party au début des années 1990, puis les free-party fin 1990 début 2000, ou encore la plupart des soirées étudiantes un peu importantes s’organisant dans les centres villes. Le mode opératoire est toujours le même : en premier lieu une stigmatisation médiatique : « phénomène inquiétant », consommation d’alcool et de drogues, troubles à l’ordre public… On désigne des coupables imaginaires, autrefois c’était la techno, cette « musique de défonce » aujourd’hui c’est Facebook présenté comme un des nouveaux périls d’internet au côté des pédophiles, des sectes et des terroristes. Au final la seule chose que l’on fait c’est présenter aux parents le comportement de leurs enfants comme quelque chose d’aberrant, on creuse ainsi le fossé entre les générations sans même chercher à expliquer ou à comprendre. Après cela l’opinion publique est prête pour la suite. On commence par interdire ponctuellement (arrêtés municipaux ou préfectoraux, pressions sur les organisateurs…), voir par réprimer, toujours ponctuellement, cela dépendant essentiellement des pouvoirs locaux (préfectures et mairies). Par exemple les soirées étudiantes de la rue de la soif à Rennes qui furent tolérées pendant longtemps et peuvent s’apparenter à des apéros géants avant l’heure commencèrent à être réprimés sérieusement avec la croisade d’une nouvelle préfète (Bernadette Malgorne) qui envoya les canons à eau vider les étudiants du centre ville. Et si le problème persiste, on commence alors à légiférer au niveau national. Il y’a fort à parier que si ce phénomène des apéros géants prend de l’ampleur, surtout si il devient sauvage en réponse aux interdictions, qu’une loi donnant des moyens de répression adaptés sera votée. La LSQ votée en 2001 pour mettre un terme au mouvement des free-party en sanctionnant de prison, de saisie de matériel et d’amende les organisateurs d’événement festifs et musicaux rassemblant plus de 500 personnes sans autorisation préfectorale n’est pas adaptée à ce type d’événement. En cause l’anonymat des organisateurs, pour un peu qu’on puisse parler d’organisateur, car diffuser une annonce appelant les gens à se retrouver n’est pas organiser un événement. Et finalement quand le phénomène a du plomb dans l’aile on autorise au compte goutte tout en encadrant. Verra-t-on apparaitre dans quelques temps des apéros géants autorisés dans des espaces loin des centres villes mis à disposition par les mairies ou les préfectures ? Et pourquoi pas sponsorisé par Red-bull et Kronenbourg ? L’état montre ainsi son ouverture d’esprit devant les caméras, file un bout d’os à ronger aux mécontents, et continue à réprimer dans l’indifférence la plus totale tout rassemblement sortant des cadres qu’il a lui-même fixé. Ce qui faisait l’intérêt de ces apéros a alors disparu, les fêtes ne sont plus vraiment libre (attention libre, pas libertaire, aucune connotation politique dans ce phénomène) ni spontanées, ni vraiment conviviales, il ne reste plus que la gnole dans une espèce de fête de la bière version djeunss. Et tout est rentré dans l’ordre au pays du pinard ! Mais peut-être que si l’on organisait des apéros géant à base de Beaujolais et de camembert on pourrait entendre Jean-Pierre Pernod dire au JT de 13h : « Sympathique initiative d’un groupe de jeunes sur internet, ils organisent de grands rassemblements pour profiter ensemble des merveilles de nos terroirs. Entre modernité et tradition, à la rencontre de cette jeunesse française qui défend notre patrimoine, un reportage de Marie Hélène De Moncul sur la Commode et François-Henri Duchemolle » Une initiative à lancer au pays du pinard, autant que cet appel :

« Tous bourrés à 9 heures Soutien aux viticulteurs »






Adrien

11/06/2010

On est tous au chômage.


L'école est finie. On est tous au chômage et on va fêter ça ce soir. Joignez vous à nous au 5 rue René Robin à Ivry/Seine. On a une grille et des braises, ramenez des saucisses et du rosé, c'est l'été !

135.

12/05/2010

Vodka Red Bull.


Il y a quelques années Florian a quitté son Pas de Calais natal pour venir vivre à Bangkok. On échange quelques mots, quelques liens de temps à autre sur des sujets variés. Voici un exemple.
Florian est dessinateur de presse : un peu de blabla sur son travail.

Les photos sont des souvenirs de mes vacances avec un Mju 2 dans la poche. Ca se passe entre Paris et Arras, et un peu dans un truc militaire.


Aurélien.


Florian :
- Je suis super en retard au niveau de la mode et des nouveautés en France, maintenant j'suis totalement largué.

135 :
- La mode c'est les marinières. Comment tu vis la guerre civile des chemises rouges ?

Florian :
- Je leur dis "ta gueule", ils comprennent pas et rigolent. Ils sont dans la rue tout content. Ils me saoulent. J'mets une heure pour aller à l'université, à cause d'eux c'est le double.

135 :
- C'est quoi leur problème exactement ?

Florian :
- La corruption et le gouvernement. Ici les politiciens sont de vrais gangsters !

135 :
- Ils dealent du crack à l'Assemblée ?

Florian :
- Nan. Mais des putes oui.

135 :
- Y'a pas d'Assemblée ?

Florian :
- Si si, mais ils dorment tous. Ils sont trop vieux pour tenir les séances.

135 :
- Comment ils font pour que leurs putes soient rentables ? Les trottoirs doivent être blindés.

Florian :
- L'armée tire sur les gens comme dans un jeu vidéo. Haha ils déchirent, ils font des promotions : une pipe + une bière gratuite, des trucs dans le genre.

135 :
- C'est pour que les gens consomment de la Singha !

Florian :
- Et de la Red Bull ! J'ai failli avoir une crise cardiaque la dernière fois. C'est de la vrai merde la Red Bull. Ils la vendent pure ici.

135 :
- Pure ? C'est même pas mélangé à de l'héroïne ?

Florian :
- La Red Bull n'est pas mélangée avec du soda. La recette vient de Thaïlande, les gens boivent ça pour ne pas dormir. Pour ceux qui travaillent la nuit, ou tout le temps.
Y'en a beaucoup qui meurent à cause de ça ici. Je pense que ça arrivera en France aussi. C'est super dangereux, surtout dans un mélange tabac + stress ou nervosité.

135 :
- Vodka Red Bull ?

Florian :
- Haha j'adore !

09/04/2010

The 135 guide of Ireland



Après deux semaines de voyage "scolaire", voici le 135 guide of Ireland.

Même si ils les détestent profondément, les Irlandais ressemblent un peu aux anglais, ils mangent à 18h30 et mettent des uniformes jusqu'à 18ans.
Ils aiment les français, à part si vous leurs parlez de Thierry Henry, mais comme ça ne risque pas d'arriver, on s'en fout.
Pour les garçons là bas la vie est simple. Ils dépensent leur argent dans les Honda Civic type R tunnées, les pantalons de survêtement et la bière.
Les filles, elles aussi, aiment la bière. Elle affectionnent également l'auto-bronzant, les robes super courtes, dire "like" 20 fois par phrase et les talons avec lesquels elles ne savent pas marcher.
Leur mode de vie est simple quand ils ne vont pas à la fac: pub, puis club jusqu'à 2h tous les jours. Croyez moi on s'y fait facilement.
Au pub, on peux ramener sa bouteille de vodka et juste commander un jus d'orange. Au début ça parait bizarre, mais au bout d'une semaine à boire de la Guinness on se dit que c'est pas plus mal.
En parlant de bière : dans les supermarchés, ils ont quand même des systèmes de ventilation qui soufflent sur les canettes de 50cl pour les refroidir. Impressionnant. Pratique.
Revenons à la vie nocturne avec les clubs. Ca coûte entre 5 et 10 euros et pour ne pas rentrer il faut vraiment le vouloir. Un soir, un videur m'a demandé si je n'avais pas trop bu, je lui ai dit non donc il m'a laissé entrer.
A l'intérieur on peux donc voir des mini jupes, des gens s'échanger de la salive et des filles saoules laissant apparaitre leurs fesses en tombant de leurs talons de 10cm. L'ambiance est quand même beaucoup plus conviviale qu'en France. En ce qui concerne les rituels de séduction, c'est un peu traumatisant. Quand une fille vient danser devant vous, vous avez deux minutes pour la peloter ou l'embrasser, sinon elle se barre.
Exceptionnellement, si on est invité, on peux aussi aller aux House party de la Fac. Nous on s'est fait inviter, donc je peux vous raconter. En gros, on prend une maison, des gens, de la bière, de la musique et on fait la fête jusqu'à ce que la couleur de la moquette passe au noir, que ça soit le bordel partout, et que les gens dansant sur des chaises s'auto-assomment contre des murs.

Pour finir, en gros, l'Irlande, c'est cool.


Gildas.


03/03/2010

Harry JR Mitchell x Laurie


Dans la banlieue de Santiago samedi 27 février, après le séisme. (Photo Reuters)

En école de commerce il y a des gens qui vont à la messe, ont leur carte au FN et te regardent droit dans les yeux en disant « c’est statistiquement prouvé, les versaillais sont plus intelligents que le reste de la population française ». Mon ancien colloc' étant un de leurs sympathisant, pas un fervent défenseur mais un sympathisant. Ce qui dans la vie de tous les jours peut t’amener à des débats plutôt marrants.

J’ai toujours été fascinée par cette « population », leur capacité à jongler entre la défense de leurs théories et le silence réglementaire. Comme au lycée quand tu voyais qu’étonnamment Amédée ne la ramenait pas beaucoup, et qu’après lui avoir proposé 3 fois de prendre la parole il balançait à bout de nerfs que « c’était quand même contre-nature qu’un mec touche un mec, merde. ».

Ce que je trouve génial, ce sont les arguments logiques mis en avant pour défendre une théorie qui d’elle-même démonte déjà une bonne tripotée d’arguments logiques. Par exemple « non mais c’est logique, mathématiquement on ne peut pas accueillir les 6 milliards de terriens sur le territoire français parce que y'a pas la place. Et c’est pas juste de dire oui à toi et non à l’autre, donc moi j'trouve ça normal de dire non à tout le monde : j'veux dire on a pas le choix » J’adore. Redorer son blason en fin de citation, balance la justice en mode fourbasse, c’est assez habile, c’est presque charitable d’ailleurs. Il a bonne conscience, l’essentiel est là.

C’est un raisonnement complètement différent du mien : décider d’une théorie puis trouver des arguments pour justifier sa croyance VS étudier les arguments qui la justifie puis choisir une théorie. Je n’aurais pas la prétention de dire que l’un des raisonnements vaut mieux que l’autre. Je ne sais pas d’où ça vient. Peut être de la religion : à partir du moment où l’on croit au créationnisme on est prêt à toutes les pirouettes d’esprits.

Bref, ces gens là ne lisent pas Libé. Ce qui peut s’avérer assez pratique puisque j’ai toujours eu du mal à m’organiser ; 2 mois après je n’ai toujours pas changé l’adresse de mon abonnement. Quand je passe chez eux, j’ai donc toujours le plaisir de retrouver mes journaux intacts, emballés, proprets, waiting for me. Ce week-end j’ai mis la main sur un Next (celui avec Emmanuelle Seigner en couverture et Diesel en contributeur principal).

Y’avait un reportage sur les homos/trans iraniens en exil au Pakistan qui m’a mené jusqu’à ce post. Mais à la réflexion les photos m’emmerdent un peu. Un peu trop dans le délire un rien pour un tout. Le genre de plan rapproché sur le reflet d’un miroir, une clope fumante et deux pov doigts avec une légende à rallonge type « Amir est arrivé ici il y a deux ans, il ne parle à personne, les voisins pourraient le dénoncer ou le punir, son mec est réserviste dans l’armée tamoul, il n’a pas de nouvelles depuis 3 mois et songe au suicide »... BORING.


Pandora.




Harry JR Mitchell vit en Angleterre, à Brighton. Voici un aperçu de ses photos et son blog : www.harrymitchell.wordpress.com




02/03/2010

FIFA 2010 - Tu seras attaché-vedette, mon fils !

[Click to enlarge you pen... picture]







Silence.
Lumière.

Action !



28/02/2010

I fuck all the time



Laurie m'a envoyé ça, j'ai toujours eu des doutes sur elle. Déjà en CM2 je trouvais ses petites robes louches. Je suis sûr qu'elle se foutait des corsets en alligator en dessous.

Les photos sont de Dana Goldstein.

Aurélien.




J’ai envie d’écrire. Il paraît que ça aide à réfléchir. J’ai mis mon cerveau en pause jeudi vers 22h18. Depuis ma perception des choses est complètement altérée. Je me souviens avoir perdu une chaussure puis l’avoir retrouvée pour perdre la première. J'me souviens avoir fait mon code pour une teille de whisky mais n’en avoir bu qu’un verre. Je me souviens avoir été saoulée par mon téléphone et l’avoir par conséquent balancé un peu partout et contre tout. Il fait gling gling maintenant, c’est cool. Je me souviens avoir dormi, beaucoup, 12heures d’après les horloges de l’appart. Plus tôt dans la journée j'me souviens être allée au Mac Do et faire demi tour une fois arrivée devant la caisse. En revanche je n’arrive pas à me souvenir si j’ai enlevé mon tee shirt ou pas. D’après mes sms j’ai débattu avec un pote de la meilleure façon de se suicider. Je me souviens avoir bu du sirop Teisseire à la framboise tellement vieux qu’il y avait des grumeaux. J'me souviens avoir vomi les grumeaux. J’ai également fait de la semoule mais je ne l’ai pas mangé parce que j’ai eu peur des petits grains. J’ai eu peur qu’ils se coincent quelque part dans mon corps et qu’ils m’empêchent de vivre. En plus le suicide par injection de semoule est clairement has been.
Y'a des événements dont je suis plus ou moins sûre. J’ai dormi sur le canap du salon, j’ai été réveillée par ma voisine qui avait dû décider de déménager à 4h du mat'. Ca m’a mis dans un état de stress incroyable. Sueurs froides et cœur à fond les ballons. En revanche je n’arrive toujours pas à m’expliquer pourquoi.
Je me souviens avoir reçu des appels, regardé mon téléphone sonner mais ne pas décrocher. J'me souviens avoir matté des photos pendant 37 minutes pour me calmer. Les gens faisaient du bruit dans la rue, j’avais l’impression d’être dans une immense fête au village à laquelle ma raison n’était clairement pas invitée. Une voiture faisant un bruit de dingue est passée. J'm’en souviens parce que ça m’a réveillé. Je ne sais plus si les flics sont venus, des filles criaient dans la rue en tout cas.


Pandora.





24/02/2010

Internet, c'est super chiant en fait.


C'est vrai, la toile de l'intarwebz est au final un gigantesque trou noir qui aspire tout. Le monde, la culture, l'histoire, l'actualité, tout. L'idée est géniale, et tout pourrait être parfait. Mais voilà, à force d'accumuler, on finit par cristalliser l'essence même de l'inutilité, du futile, du lolcat et des détraqués sexuels qui submerge nos autoroutes de l'information comme disait Bill Gates dans son bouquin du même nom*. N'importe qui passe des heures à essayer de tromper son ennui en s'abreuvant de sites inutiles, d'articles au hasard sur wikipedia et de fausses relations sociale, et l'on finit par communiquer sa propre morosité à tout le reste de la terre en moins de 160 caractères.


Internet est alimenté par l'ennui des internautes. L'actualité est banalisée au point que la misère du monde finit en fond d'écran, l'histoire du monde finit en point godwin. C'est atterrant. Heureusement que parfois, une lueur d'espoir s'allume dans nos petits cœurs de geeks/alcooliques/drogués.


Antoine.


*Ouais, j'ai lu un bouquin de Bill Gates. Non je ne l'ai pas fini.





Camden, New Jersey


On est au mois de février, et je devrais m'enivrer de poudre blanche (de la bonne POW pour les connaisseur) malheureusement je suis en stage dans un studio parisien (le Studio Mandarine). Du coup je déprime et je me projette déjà en plein mois de juillet. Vous savez celui où on prend son temps, où il fait chaud, où l'on prend des bières bien fraîches (ou pastis) en terrasse de café pour reluquer le nombre incalculable de mini jupes au mètre carré.

C'est aussi la saison des Rencontres de la Photographie en Arles, un festival hétéroclite qui présente des photographes de divers horizons, cela dans de superbes lieux (seul inconvénient les attaques incessants des moustiques).

L'été dernier c'était les 40 ans du festival : 40 de rencontres, 40 ans de ruptures.

C'est là-bas que j'ai découvert Jean Christian Bourcart, il y avait deux expositions de ces photographies. L'une à la galerie VU' dans lequel on pouvait voir plusieurs de ses séries notamment "Stardust" ; "Trafic" et "image primordiale" (vous pourrez les voir dans un prochain post).

L'autre faisait partie de "ça me touche, les invités de Nan Goldin" : CAMDEN. Photographe français exilé à New York depuis 1997 après une formation en école photo (comme quoi on ne finit pas tous à la fnac ou à faire des packshots). Je vous présente ici sa série sur CAMDEN-NJ, elle est composée de textes associés à des photographies. Jean Christian BOURCART nous immerge dans un lieu plutôt chaud des Etats Unis, connu notamment pour son triste titre de " ville la plus dangereuse des Etats Unis " en 2006.

" Cela semble un peu absurde, mais j’ai juste cherché sur le Web « the most dangerous city in the USA ».

Peut-être, je voulais retrouver cette étrange énergie qui se dégage des lieux où les règles et les contraintes sociales sont abolies ou affaiblies. Un sentiment de liberté mêlé à l’excitement du danger. En tête de liste, j’ai trouvé Camden, New Jersey, à deux heures de New York. En y allant, j’ai découvert le visage de la pauvreté ordinaire cachée derrière les stigmatisations médiatiques. Les gens sont durs, mais les sourires édentés réchauffent le cœur, et quand je me suis fait dévaliser par une prostituée, elle m’a rendu dix dollars pour ne pas me laisser dans le pétrin.

La ville a deux plans superposés, entremêlés, intriqués, l’un évident, géométrique, exotérique, celui des rues, des voitures, des rares boutiques et des industries toxiques. L’autre est celui des maisons éventrées ou des usines squattées pour se défoncer ou pour le commerce du sexe.

Au début je photographiais les « crackheads » (personnes dépendantes au crack) dans la rue pour deux dollars la séance. Le prix d’un petit cailloux de crack. Et puis j’ai rencontré Suprême, que je paie 20 dollars chaque fois qu’il m’introduit dans une maison. Pendant que je shoote, il baratine les gens, prétendant être un étudiant en art ou un flic « undercover ».

J’y retourne régulièrement, ramenant et distribuant les photos déjà prises. Je suis devenu une sorte de photographe de quartier, ce qui me force à considérer quelle image je donne à voir de mes modèles. J’essaie de ne pas faire de style, de prendre de belles photos de famille. "

Jean Christian Bourcart.


" sur Broadway, quelques filles tapinent comme d'habitude. Une grosse fume, je lui demande où acheter une loosie. Elle me renseigne très aimablement. Je lui dis que je fais des photos des gens de Camden. Peut-être voudrait-elle poser ? Mais bien sûr, elle adore les photos. Malgré ma réticence, je me laisse entraîner derrière une maison en ruine… je suis curieux. Elle me demande une minute pour mettre un tong. Ensuite, elle veut que je rentre dans la maison éventrée pour que je la photographie par derrière : « Take a picture of my ass ». Moi je ne sens pas trop d'aller dans la maison, ni de photographier son ass d'ailleurs. Alors qu'elle essaie de me convaincre, je fais une malencontreuse photo d'elle à la volée. Elle se jette sur moi, m'agrippant d'une main, ramassant une bouteille de l'autre qu'elle fracasse sur un muret. Elle veut 50$. J'essaie de me débattre mais, non seulement, elle est forte comme un taureau mais elle sait parfaitement ce qu'elle fait. J'arrive à saisir la bombe de gaz et la menace à bout portant. Elle me coince de tout son poids contre un muret, le tesson de bouteille est à 5 cm de mon cou. Elle me dit que si je l'asperge, elle m'égorge. J'essaie de la persuader qu'en fin de compte, je suis un mec cool. Je l'appelle baby, essaie de dédramatiser. J'arrive à sortir mon larfeuille et lui tends. Il y a autour de 40$. Satisfaite, elle me relâche et alors que nous nous dirigeons vers la rue, elle me tend deux billets de 5."

"Dans la petite rue adjacente où les crackeads ont tendance à se regrouper, les tirages et les planches contact sont examinés avec moult exclamations et remarques. Une femme dit : « It's me, it's me, it's me... look, it's me », en regardant son portrait. J'ai l'impression qu'elle n'a jamais vu une photo d'elle. Ou alors ça fait bien longtemps. Une autre prend sa planche contact, s'éloigne, l'étudie et la déchiquette méticuleusement."




Si vous voulez en savoir plus : www.jcbourcart.com

Loïc.


18/01/2010

Hunter S. Thompson


Je viens de tomber sur un site qui expose des photos de Hunter Stockton Thompson.
Le papa du journalisme gonzo a passé du temps avec les Hell's Angels (avant qu'ils lui déglinguent la gueule), en voici quelques clichés.


Aurélien.