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26/03/2010

Ma chemise rouge pour mon pays.

Ce matin, j'ai reçu un texto assez génial. Celui-ci racontait :
"Venez faire la fête en donnant votre sang !"

Youhou !
J'en ai déduit que l'auteur de ce message (en fait l'EFS - Gironde) était soit plein d'humour, soit Thaïlandais (bien que les deux ne soient pas incompatibles, personne n'est parfait). Pourquoi, aujourd'hui, ce message prend-il autant de sang ? A cause de l'actualité politique Thaïlandaise (mon pays natal).

En effet, le lundi 16 mars dernier, 150.000 opposants du premier ministre actuel Abhisit Vejjajiva et donc les partisans de son prédécesseur Thaksin Shinawatra ont eu l'idée de faire couler un bain de sang devant le palais du Premier Ministre, mais ce sans un seul coup de feu, ni coup de matraque. Comment cela se fesse donc ? Chaque Chemise Rouge, principalement venus des milieux ruraux, a donné 10 centimètre cube de son sang, le tout étant collecté et réuni de de grands sceaux, jetés avec joie et ferveur sur les trottoirs de Bangkok. "Ces militants estiment avoir été privés de leur droit de vote par les élites urbaines, les royalistes et l'armée qui ont formé une alliance de raison pour évincer du pouvoir les alliés de Thaksin. Ils réclament donc la dissolution du parlement et l'organisation de nouvelles élections" nous raconte le JDD. Le leader des Chemises Rouges (Jatuporn Prompan), de préciser "Nous utilisons notre sang, pas celui des autres, il vaut mieux lutter de manière pacifique qu'avoir recours à la violence."

Ceci confirme donc deux choses :
  • Quand on n'a pas les moyens, on a les idées.
  • Les Thaïlandais sont des gens cools.



Pour plus d'informations :


Aniki




Photos : Reuters




19/03/2010

Hipstamatic, c'est bon. Mangez-en.






Bien choisir son appareil photo, c'est comme bien choisir sa maîtresse : trop ambitieux, c'est la catastrophe, pas assez ambitieux, et c'est la déception. On distingue même des catégories jumelles : les infidèles, les emmerdeuses, les passionnées, les aventurettes, les imparfaites, et, mes préférées, les bling-bling (il faut bien que la paye passe quelque part).

Surtout, ne demandez pas aux gens de ce blog avec quoi ils travaillent. Personne n'étant parfait, il y a du Canon, du Nikon (un peut trop d'ailleurs), du Pentax, du Leica, et puis aussi, du Praktica, du jetable, de l'étrange et du passablement douteux. Certains modèles ont fini aveugles, c'est pour dire.

En tant que futur lauréat du World Press (faut être ambitieux dans la vie), voilà quelques conseils. L'ergonomie, c'est très important. Mais il faut plutôt résonner en terme de feeling. La qualité d'image ? On s'en tamponne un peu, non ? La compacité ? Pareil. Trop compact et vous avez l'air d'un touriste, et trop encombrant, vous êtes bons pour Guantanamo Bay. C'est pourquoi, pour vous, j'ai sélectionné Hipstamatic.

  • 1. Parce que vous le valez bien.
  • 2. Pourquoi se faire chier à prendre des photos au Leica quand on peut le faire à l'iPhone ?

Hipstamatic, c'est un peu le nec plus ultra de la discrétion (puisque de toute façon, vous êtes cramés, même votre mémé elle a un iPhone). Pas de bruit, pas de gros objectif qui sort. Hipstmatic trois fois par semaines, ça fait maigrir, et ça fait regarder le monde d'un autre œil (côté vert dégueulasse et rouge pisseux). Hipstamatic, c'est garanti sans OGM, sans point godwin, sans lassitude. Parce qu'on ne sait jamais exactement ce qui va être cadré, parce qu'on ne sait jamais si votre maîtresse ressortira verte laitue ou verte martienne.

Hipstamatic, c'est bon.
Mangez-en.









Aniki.
[Il va sans dire que tous les exemples sont copyrightés à mon nom. Bande de petits filous.]

02/03/2010

FIFA 2010 - Tu seras attaché-vedette, mon fils !

[Click to enlarge you pen... picture]







Silence.
Lumière.

Action !



01/03/2010

FIFA 2010 - Let's go to the FIFA !

Sous le coup de l'émotion, sous la somme astronomique de tout ce que j'ai à dire, de ce que je voudrais dire, de ce que j'aimerais ne pas oublier de dire, je ne savais pas comment commencer. Alors du coup, je ne commence pas, et je passe directement à la suite.






Le 31 janvier, Aurore, que j'ai pour désagréable habitude de ne voir qu'une fois par an (quand je ne tente pas carrément de la tuer à coup de Clio dans les ravins espagnols), était de passage à Paris. Un passage assez rock'n roll, d'ailleurs, un peu comme chacune de nos retrouvailles, mais surtout plutôt court. D'où sa proposition de génie ! [Que j'ai d'abord trouvée foireuse]
"Ça te dirais pas venir faire le Festival International du Film d'Amour, à Mons, vers la fin du mois de février ?"

Euh...
"Alors, tu as pris tes billets ?"
Euh...
"Alors, tu as envoyé tes coordonnées ?"
Euh...
"Alors, tu arrives quand ?"
Euh...
"Alors, tu es certain d'avoir un train demain pour venir ?"
Euh..




J'ai toujours été d'une nature hyper organisée. Ce qui pose problème, puisqu'au Festival de Mons, j'étais censé être "Attaché - Vedette", donc d'organiser les déplacements quotidiens et rendre indolores les diverses obligations et corvées des invités dont j'aurai à m'occuper.
Arrive le 19 février 2010, jour du départ. Comme d'habitude, je n'ai pas d'argent. Je gruge le bus. Je gruge le métro. Je sors du métro à la gare. Et me rends compte que ce n'est pas la bonne gare. Comme les portiques sont d'un accès malaisé (paraît qu'ils sont prévus pour empêcher de gruger l'accès au métro), je me motive à marcher jusqu'à la bonne gare, c'est à dire de celle de l'Est à celle du Nord (heureusement que je n'avais pas confondu Montparnasse et la Gare de Lyon). Arrivé là, l'aventure commence réellement.
"Allô, Aurore ? Ouais, euh... bah, j'ai pas d'argent, et, ah tiens, j'ai pas de train pour Bruxelles non plus. Je fais comment ?"




Par chance, Aurore a la science ferroviaire infuse. Ni une ni deux, mon trip "Paris - Bruxelles - Mons" se transforme en "Paris - Lille Europe - Lille Flandre - Namur - Ah non en fait Liège - Bon finalement Mons direct". A cause de l'accident du 15 février dernier, c'est encore plutôt le bordel sur la ligne internationale. Etant donné l'effervescence ambiante, je tente le tout pour le tout, et me lance dans le combo "et si je grugeais le train ?"
Et me voilà assis sur ma valise, accroché aux crochets à vélo, du compartiment vélo du premier TGV pour Lille qui m'est passé sous la main (ou sous le pied, enfin, nous nous sommes compris). J'évite l'inconfort de certains, restés debout, et me paie même le luxe de m'endormir, étranglé par ma cravate et suffoquant (genre un mix d'agoraphobie, de claustrophobie, de stress du clandestin et du mal des transports).
Arrivé à Lille, je me dis que j'aurais dû rester à Paris. Les Lillois sont encore moins disciplinés que nous, et beaucoup ont encore du mal à comprendre que c'est difficile de remplir un train sans le laisser se vider au préalable (autrement dit "bouge de là, faut que j'aille choper mon train !" [et ça marche dans les deux sens]). C'est une philosophie de vie que j'entends parfaitement avec la bière.
Je n'ai toujours pas un rond, et me traîne misérablement jusqu'à Lille Flandres (mais toujours déguisé en Stinson, sinon c'est pas drôle). Un train pour Liège m'attend. Il arrive dans 10 minutes. 9 minutes plus tard, le train se voit annoncé avec 30 minutes plus tard. 9 minutes plus tard, il n'a plus que 10 minutes de retard. Et la seconde juste après, le train est bel et bien annulé.
Je vais fumer une clope. J'ai faim, je mangerais bien des frites.

Tiens, je vais aller geeker. Ah bah non, finalement, un autre train pour Liège arrive dans 10 minutes. Je l'attends, dans le froid, dans le vent, entouré de Lilloises toutes plus jolies que les autres, mais je l'attends (le train). Pour rien, au final, puisqu'il est annulé. Au final, j'ai attendu près de 2 heures à Lille. J'ai su me débrouiller pour acheter un billet, et une fois dans le dernier train qui me ferait passer la frontière, je suis pris d'un affreux doute : "merde, il s'arrête bien à Mons ?"... Oui. Il l'a fait !

J'appelle Nathalie (vous allez beaucoup en entendre parler), qui me dit qu'un chauffeur vient me chercher à la gare de Mons. Un chauffeur ? Tiens, marrant, ça risque de me changer de mes transports en commun fraudés. Je m'imagine déjà avec un espèce de taxi new-yorkais et un chauffeur pakistanais. Donc je cherche une voiture correspondant à cette description, estampillé du logo du FIFA. Je cherche, j'attends, et finalement je vois arriver une kolooooosssal Mercedes Classe R noire. Boudiou, ça sent bon cette histoire ! Du coup, l'arrêt obligatoire à l'Auberge de Jeunesse prend un goût de prolétariat.


Briefing.
Présentations.
Fin de soirée de gala (autrement dit, avec Aurore, nous avons fini les bouteilles de rouge et de blanc du grand thétâtre), et dodo.


Mons, me voilà ! FIFA, à nous deux !
Et toi, Pierre-luc Brillant, je ne sais toujours pas qui tu es, mais t'as intérêt à être cool !





Affaire à suivre...






Aniki

19/02/2010

"Dremel daemon & jigsaw juggernaut"






Il y a des sites que j'aime bien consulter. Par exemple, l'excellent bit-tech.net qui, comme son nom ne l'indique pas, est anglais. Et pourtant c'est un bon site ! Mais ici, contrairement à mes petits camarades, il n'est pas question de Vespa, il n'est pas question d'être branché, il n'est pas question d'être trash. Non. Il est plutôt question de geekitude, mais tu côté sérieux de la Force. Et dans le domaine, bit-tech est une véritable référence (un peu comme Youporn est en train de supplanter meetic auprès des célibataires de 18 à 35 ans).

Mais ce n'était pas encore assez pour que je lui consacre un (bref) article. Que s'est-il donc passé ? Bon, outre le fait que je suis tombé amoureux de Hayden Leslie Panettiere (quel nom pourri quand même, même si "save the cheerleader, save the world") et que j'en étais tout mouillé, je suis tombé sur un très intéressant article de la section "Modding" du site. Pour rappel, le modding est une pratique issue du monde de la moto, appliqué aux boîtiers des... ordinateurs. Et pour le coup, quand un modding est réussi, les Mac Pro et autre Macbookitudes d'Apple peuvent rentrer chez leur maman et chialer tous leurs chipsets, et je ne parle pas des boîtiers PC. [Quoiqu'en fait, depuis un an ou deux, ça s'améliore de ce côté là, notamment grâce aux Adamo de Dell, aux Vaio de Sony, et à tous les constructeurs de boîtiers du style Lian Li, Silverstone ou autres, même si la plupart du temps on se demande si les designers ont une autre inspiration que les décharge publiques. M'enfin, on s'en fout. Sauf quand on constate que les derniers portables Asus sont de vulgaires copies de Mac Book...]
Le modding, donc, lorsqu'il est bien réalisé, consiste à personnaliser l'apparence extérieure et très souvent intérieure de son PC (ou de son Mac). Cela peut aller de la simple peinture (yeah !) sur un boîtier de série à son redécoupage et redessinage total et en profondeur. Les plus enthousiastes iront même jusqu'à créer leur machine (à ce niveau, on peut carrément parler d'œuvres) de A à Z, de la CAO* jusqu'au découpage du plexiglas, de l'aluminium, du bois (et que sais-je encore), jusqu'à la conception de systèmes de refroidissement maison... Bref, des fous furieux de la customisation.




Et une fois que tout ça est fait ? C'est ici qu'intervient l'aticle qui m'intéresse. : "How to take better photographs of your mod ?"
Il s'agit d'un excellent tutoriel écrit par Antony Leather (ouais, son nom ne vous dira pas grand chose), qui a pour mérite d'une part, de rappeler qu'un très beau modding peut être gâché par de mauvaises photographies, et d'autre part de rappeler (ou de poser, pour ceux qui n'y connaissent rien) les bases de la prise de vue photographique (style "packaging").
Et cela est bon ! Et cela parle au geek photographe que je suis. Et cela me fait rire, surtout, lorsqu'au détour de tel ou tel commentaire, je découvre que certains s'imaginent encore que "t'as qu'à prendre toutes les photos en dix fois, t'en auras forcément une bonne" ou que "mais vous êtes foutrement snob les mecs, pourquoi investir dans un DSLR quand on peut tout faire avec l'appareil photo intégré d'un téléphone ?" Tout cela me fait marrer, bien que m'inquiétant un peu.
Ça me fait marrer parce que la photographie de modding est techniquement difficile : du métal brillant partout, du plexiglas (donc des reflets parasites) dans tous les sens, des circuits de refroidissement à eau dans tous les sens, et parfois même (trop souvent d'ailleurs), d'horribles diodes de toutes les couleurs qui clignotent dans tous les sens, quand ce ne sont pas carrément des lampes à UV. Un paquet de contraintes de prise de vue. [Et puis, pour faire les choses bien, il faudrait redresser les fuyantes, ajuster le plan de netteté, la profondeur de champs, bref, autant de chose que je peux vous torcher en deux temps trois mouvements avec mon iPhone.]
Mais ça m'inquiète un peu parce qu'à part quelques intervenants réalistes sur les difficultés de la chose, la plupart des commentaires vont dans le même sens : avec les appareils numérique, tout devient facile, et avec un peu de hasard et beaucoup d'essais on peut arriver à une photo potable. Pourquoi pas. Mais n'en demeure pas moins qu'il manquera cette petite touche en plus, qui soulignera et sublimera toute la beauté de leur œuvre. [Bla bla bla.]



Alors, jeunes gens, qui voulez-vous lancer dans la photographie, songez-y : si vous voulez ouvrir un studio, sachez qu'il existe un marché potentiellement juteux en ce qui concerne la photographie de modding. Parce que si ces gens là sont prêts à dépenser plusieurs centaines (voire milliers) d'euros dans des cartes graphiques dernier cris, ou des kits de tuyaux ultra-résistants, voire même dans des gaines de câbles, ils pourront bien un jour désirer faire appel à un vrai photographe pour mettre en image leur talent.




*CAO : Conception Assistée par Ordinateur





Sur ce, je vous laisse méditer devant la page de Million Dollar PC, et vous quitte pour deux semaines.
"A tantôt !" comme dirait l'ami Belge.










Aniki.






NB : je sais bien qu'à part moi, tout le monde s'en fout.

18/02/2010

Pornographie et Avatars

© Aniki





Vous savez, aujourd'hui, la France a perdu 5 à 9 contre le Royaume-Uni. Ça aurait pu être un match de foot, mais en fait, c'était un match de curling (remarquez, c'est presque la même chose, sauf que c'est plus compliqué de marquer de la tête au curling). Et comme c'est un sport résolument passionnant, je n'ai pas pu m'empêcher de faire autre chose en même temps. C'est ainsi que je suis tombé sur un certain article d'un cite de référence : pcworld.fr [parce qu'en plus, je suis un peu geek.] D'où mon post du jour.

Vous connaissez tous James Cameron. Mais si, vous savez. Ce mec qui apparaît dans La Cité de la Peur, lors de la montée des marches. Mais si, là, vous savez, juste après "Bruno, de Bruno chemise, commerçant cannois bien sympathique". Cette fameuse vedette, là-bas derrière eux, qu'on a déjà vu à la télé et... ah non, c'est pas lui non plus. Ça, c'est le Premier Ministre. En fait, James Cameron, il est méconnaissables : jeune, presque Italien dans son look, tenant une très longue conversation à Odile devant le restaurant, parlant de son projet "Blanche Neige et les Sept Nains" (pas du tout en français dans le texte).

[Bon, comme vous vous en doutez, c'est le mec à gauche, puisqu'à droite c'est une fille.]



Fort heureusement, James nous a épargné Blanche Neige (même si dans Titanic, avec le glaçon géant, on était dans la même thématique, et que les nains n'étaient qu'un seul dans Alien, et d'ailleurs c'était pas vraiment un nain). A la place, il a réussi à nous refourguer Terminator, True Lies, Abyss et "ô, Léo, Léo, ne coule pas, reste avec moi !" et une scène qu'on a tous essayé de reproduire la première fois que nous avons fait du sexe dans une voiture (enfin, moi, en tous cas, j'ai essayé, mais j'ai jamais fait de sexe dans une voiture).
Plus récemment, James, donc, s'est illustré avec les Schtroumpfs d'une autre galaxie, les fameux Naavis (qui à la place de la culotte blanche de Peyo ont préféré opter pour le string en vrai liane écolo biodégradable et équitable).

Que l'on ait aimé ou pas le film (parce que vous l'avez forcément vu, sinon vous n'êtes pas de vrais êtres humains, et j'ai des noms), force est de constater que cette petite merveille qui explose les yeux fera date. Non pas pour son scénario plat à en mourir (si vous avez déjà vu Pocahontas, c'est presque la même histoire), mais plutôt par son titre auto-proclamé de premier film 3D grand public à succès planétaire (bim badaboum tchu tchu). A ce propos, je vous conseille la lecture de ce petit article sur l'histoire de la 3D au cinéma, ainsi que cette vidéo extrêmement pédagogique d'Arte où sont expliquées les trois techniques actuellement utilisées.





Et il semblerait qu'Avatar inspire ! C'est d'ailleurs l'occasion de rappeler que la tarte Tatin n'a pas été inventée par le pâtissier du Titanic, que les Terminator existent bel et bien (quoi, vous connaissez pas notre prof de sémio ?) et que Bruce Willis sera toujours là pour sauver le monde (que ce soit sous les océans, sur une météorite ou sous les effets discutables de l'alcool, voire dans un piège de cristal). Ceci étant dit.


Très récemment en Palestine (vous savez, ce bout de Terre promise qui ressemble à un papillon entre des barbelés), un groupe de militant a eu l'idée marketing absolument géniale de faire parler d'eux. Las de leurs manifestations hebdomadaires dont on ne parlait jamais (normal, on ne parle pas des Palestiniens qui ne lancent pas de cailloux, c'est anti-fashion), ces bougres de pacifistes se sont dits "tiens, si on avait l'air de cons, si on se peinturlurait la gueule en bleue ?" (fort heureusement, il n'y a pas d'arbre à liane à string biodégradable en Palestine). Et depuis le 14 février, la vidéo de la manifestation fait son petit buzz sur internet. Pour de plus amples informations, je vous suggère cet article de Culture Politique Arabe.


[Cliquer sur la photo pour accéder à la vidéo Youtube.]

Ce qui, fondamentalement, fait peur : les pacifistes sont-ils obligés d'avoir l'air cons pour être entendus par les médias ? Ce serait presque à croire que oui. Certes, pour une fois qu'un évènement palestinien fait sourire... D'ailleurs ça me troue tellement le cul que j'en perds mes mots, et j'aimerais bien qu'il y ait des commentaires pour que vous m'aidiez à prolonger ma pensée. [Je pourrais avoir l'hypocrisie de prétendre que je préfère vous laisser l'entière liberté de mener votre propre réflexion, mais pour une fois que j'avoue mon impuissance, vous n'allez pas me priver de ce plaisir.]
Pour vous aider dans votre réflexion, vous pouvez inclure cela dans une certaine "peoplisation de l'information" et la mort des vrais grands reportages, les médias préférant plutôt opter pour un format magazine et s'attarder sur l'aspect anecdotique des choses plutôt que d'aller en profondeur. Ce qui néanmoins ne dénature pas la démarche des militants de Billis, lesquels ont bien su exploiter ce travers actuel.
Pour la petite histoire, selon une étude menée par le Wall Street Journal, si vous voulez draguer et frimer avec votre job, mieux vaut devenir analyste de l'impact financier des risques plutôt que photoreporter, qui se place à peine en 189ème place sur 200 (pas très loin devant boucher, facteur et éboueur).











Le deuxième point d'actualité, déclencheur de cet article, est l'aspect 3D d'Avatar. En plus je vais vous parler de pornographie. Il faut savoir que cette industrie est extrêmement friande de toutes les nouvelles technologies (les Administrations Publiques feraient d'ailleurs mieux de s'en inspirer). Ils ont par exemple été parmi les premiers à instaurer la VOD (bien avant Rodolphe), à se glisser dans la moule du Web 2.0, à trouver un usage débile aux webcams embarquées (bien avant Chatroulette), et ce, pour tous les publics et tous les âges (ou presque). L'industrie pornographique, donc, a profité du récent CES de Las Vegas pour présenter ses projets relatifs à l'usage de la 3D dans ses films (histoire de bien sentir l'action, comme si on était en plein dedans). L'un des premiers studios à tirer son coup... euh, sa carte magique, est française. C'est le 3DFX Studio (rien à voir avec le format FX de Nikon... quoique dit à voix haute....), et son film "Shortcuts 3D", à propos duquel le réalisateur explique très sobrement que "[ils ont] raté pas mal de plans. C'est la raison pour laquelle j'ai appelé ce film Shortcuts 3D car il s'agit de courts métrages mis bout à bout avec un fil conducteur." Et des bouts, pour faire un film porno, il en faut un paquet.
Vous vous rendez-compte. Du porno en 3D ! C'est absolument génial ! Parce qu'avec les lunettes obligatoires, on va enfin pouvoir s'éjaculer partout sans risquer de s'en mettre plein les yeux ! Je crois que, ergonomiquement parlant, c'est un très grande avancée. Et si ça peut permettre la démocratisation des écrans 3D et des solutions associées, tant mieux. Toute "nouvelle technologie" a besoin d'un petit coup de bite. Enfin, de pouce.


Ce qui me mène à ma question finale : nous, photographes, qui sommes encore en vif débat quant à l'intérêt ou non de la vidéo intégrée aux reflex récents, devrons-nous en plus dans la foulée assimiler la possibilité de l'émergence d'une nouvelle photographie tri-dimensionnelle ? A en croire Fuji, il semblerait que ce soit une hypothèse à prendre au sérieux, étayé par l'edito du numéro de février du Monde de l'image.
De la vidéo, de la 3D, des photos en couleur ! Il est loin le temps du collodion humide (grrraou).
Une histoire à suivre de près. Une enquête criminelle de plus à confier à l'ami Dexter.




C'était l'intervention du jour.
Protégez-vous, n'oubliez pas vos lunettes.
Et n'oubliez pas :




Entre l'hippopotame et l'éléphant, c'est toujours l'éléphant qui gagne. A moins que ce soit l'hippopotame, parce que c'est vachement fort un hippopotame.




Aniki.

15/02/2010

L'insoutenable difficulté de l'être (ou comment créer un collectif tout en restant léger, sérieux, et cool).





Je voulais un titre lourd et chiant. Je me suis dit que j'allais m'inspirer de Milan Kundera et de BHL, en saupoudrant joyeusement tout ça de tractopelles et de harengs. Ça a donné ce que ça a donné, et je n'y suis pour rien. Nonobstant quoi, Milan Kundera, c'est bien pour draguer les minettes du Printemps lorsque, rebelle, la mèche gominée au vent sur le toit du Printemps (je me répète, je vieillis), tu fumes négligemment ton cigare (alors que c'est interdit !) en feuilletant Milan Kundera (une philosophie que tu aurais pu écrire), écoutant d'un air léger Justice (une musique que tu auras pu composer), le sourire aux dents bien blanches (que tu aurais pu te laver avant de commencer cette histoire). Et, essayez, ça ne manquera pas : en moins de 20 minutes, vous aurez forcément une voix stridente qui viendra s'exciter contre votre cuisse "mais que vous avez de belles lectures, mais que vous avez un beau cerveau, mais, mais... vous venez, nous allons philosophiser chez moi ?"
[Trêve de plaisanterie, j'aime bien Kundera. C'est mon côté fillette. Et c'est très bien pour attendre sa correspondance Bangkok - Paris à RCdG.]


Mais, je vous prie, un peu de sérieux.
Après tout, si nous tenons ce blog, c'est tant pour vous parler de ce qu'il nous plaît (coups de cœur, coups de boules, coups de bites) que de ce que nous sommes. [Parce que, avoir un blog pour qu'il ne soit pas lu, c'est quand même un peu con.] Pour être lu, il faut donc faire parler de nous. Et il existe plein d'astuces et de solutions, dont beaucoup certainement plus débiles que d'autres. Ou certaines beaucoup plus débiles que d'autres. [C'est magique, c'est réversible, à l'endroit ça te fait un fish-eye, à l'envers ça te fais un Lomo.] Et... et... et j'ai oublié mon sujet de départ.
Ah, oui. Ça me revient.
Donc, quand on est une bande de jeunes et qu'on veut percer... Ah, finalement, ça me revient pas.





Il y a quelques soirs, j'étais au bar. Toujours le même bar, d'ailleurs, et comme j'y suis tous les soirs (sauf quand je suis dans un autre bar ou que je bois chez des amis, ça m'arrive aussi), je ne sais plus quel soir c'était. Ah si, c'était le soir du concert des Producers, au Styx, le 11 février dernier. Je passerai sur le concert, qui était franchement bien (en plus, la chanteuse, on dirait une GAM [Gouine A Mèche], et j'adore les GAM), pour en arriver directement à la pause clope.
La pause clope, c'est bien. Ça ruine la santé, l'haleine, l'odeur du bout des doigts et le compte en banque, mais ça permet de faire des chouettes rencontre. Or, la rencontre du jour a été celle d'un mec en short kaki et parka bleu ciel (en fait, je sais plus s'il était en short, je n'avais d'yeux que pour sa parka), qui gueulait plus qu'il ne hurlait (ou l'inverse) :
"Qui, qui, quiiii n'en veut du manuel de la Révolution en 10 leçons ?"


J'en déduis trois choses :
  1. La Révolution, ça se vend comme du poisson.
  2. Si t'es nul à Guitar Hero ou si tu n'as pas compris "CS4 en 10 leçons pour les nuls", il est toujours temps de te faire révolutionnaire. [Avec un pied dans une santiag et l'autre sur la pédale du fixie.]
  3. Quand il fait froid, une parka bleu ciel, ça attire plus le regard qu'un bikini.


Et du coup, je l'ai pas acheté, son petit manuel.
C'est dommage. Ça m'aurait peut-être permis de comprendre un peu mieux l'essence de toutes ces manifestations d'anarcho-syndicalistes que je photographie. Même si des fois je photographie des manifestations de gays et de lesbiennes. Mais ça arrive moins souvent. Dommage. J'aime varier les positions et les plaisirs.
Et du coup, je ne connaîtrai jamais les 10 manières les plus efficaces de renverser un système (techniques transmises de père en fils, de CRS en manifestants), et cela est fort dommage. Alors je me suis dit que pour ce post, je me contenterai de rédiger mon mini-manifeste (mini, parce qu'il est tard, et que c'est aussi à vous de faire travailler votre imagination).


Ainsi donc :


"Manuel d'une révolution photographique. Pour les nuls (et les autres)."



  1. Prendre des risques tu sauras. En t'appelant LVMH et en confiant ta prochaine campagne "Louis Vuitton" à une bande de jeunes photographes talentueux. |135|, au hasard.
  2. Shaker ton boule tu shakeras, avec des top model et des CRS sur un air de Claude François à l'Internationale.
  3. Tu honoreras |135|, comme tu honores HCB et HSBC.
  4. Tu ne commettras pas d'adultère dans le laboratoire couleur. Mais ailleurs, pendant la campagne LVHM, pourquoi pas.
  5. Confiance à la jeunesse tu feras, et Maître Yoda tout comme tu parleras.
  6. Jamais de batterie vide tu n'emporteras, et jamais de Neopan 400 tu n'exposeras.
  7. Tu ne chanteras pas de rap, puisque tu es photographe, à moins que tu saches faire les deux en même temps.
  8. Dans le cibachrome tu te laveras de tous tes pêchers trois fois par semaine, même les jours de fermeture de Beaumarchais.
  9. Connaître de tous de ton nom tu feras, et Moo tu utiliseras.
  10. Arrêter de boire tu commenceras, et de photographier les filles en mini-jupe tu cesseras. [Non, je déconne.]



Bien évidemment, je ne révélerai pas les 10 vrais aphorismes qui fonctionnent.
Ça, ce sont juste des suggestions, au cas où tu serais patron d'une grosse boîte, et que tu cherches des jeunes photographes motivés, avides de savoir, de photographies, d'argent, de putes de luxe et de champagne.



[C'était ma contribution du jour.]
[On admire, on applaudit et on va me chercher une bière. Merci.]







Aniki.

09/02/2010

Enfoirés de clochards





Hier, j'étais au Printemps. Le Printemps, c'est bien, parce qu'on est certain de pas y croiser de pauvres (qui, on ne le répétera jamais assez, sont sales, sont moches, n'ont pas d'argent, savent pas s'habiller et n'ont aucun goût). [Remarquez, les riches, c'est dégoulinant, c'est surfait, ça a plus d'argent que moi (ce qui n'est pas chose si malaisée), et ne savent pas s'habiller parce qu'ils n'ont aucun style personnel.] Le Printemps, c'est moins bien, parce que je suis un peu con et qu'avec tous ces escaliers je me perds toujours. Et pas moyen de croiser un seul client français, que des étrangers (un étranger, c'est comme un Français, sauf qu'il vient d'ailleurs dépenser ses sous chez nous [donc finalement, quoi qu'on en dise, c'est pas si mal que ça un étranger]).
Au Printemps, donc, t'as pas beaucoup de chance de croiser un clochard. Fort heureusement ces derniers s'épargnent les affres du mauvais goût, du sac à main en peau de strings léopard jusqu'aux bottines en véritable cuir de sac poubelle. Et, putain, il est haut ce huitième étage. Mais paraît que la vue le mérite. Et puis, le Printemps, quand tu as des instincts de pédophiles (ce qui n'est pas mon cas), c'est un peu comme le marché de Rungis : 200 fois le même article, 200 fois la même coupe de cheveux, le même slim, le même sac à main (ah mais non ! Certaines la jouent rebelles et ont des sac en sky et pas en peau de chèvre [autant pour moi]), le même rire Ladurée, les mêmes petites fesses en forme de pomme-ananas à la peau laiteuse (j'aime les milk-shake et je vous emmerde), et, et... Mais j'arrête là.


Hier, j'ai voulu aller de l'Opéra faire des photos à Châtelet. Comme tout bon fainéant, j'ai voulu prendre le RER. C'est cool, le RER. Ça marche dans le mauvais sens, à l'anglaise quoi. Et puis j'ai croisé une fille en rouge, parce que je fais une fixette sur les filles en rouge (certains font des fixettes sur les "fixedgears", mais ma fixette à moi est comestible), alors je l'ai suivie jusque dans la rame de RER. Et j'ai atterri à la Défense (c'est con de dire "atterrir", comme si un RER pouvait voler...). Putain en fait c'est super grand, super haut, super froid la Défense ! Et un système de fléchage digne d'une épreuve de Fort Boyard (j'ai mis 2 heures à trouver le Virgin [j'aime les vierges, ça croque sous l'obturateur]), avec des vrais morceaux de FAMAS et de Printemps à l'intérieur. Bref, la Défense, c'est le paradis : pas un seul clochard, pas un seul pauvre, pas un seul syndicaliste pour vous emmerder avec ses flyers. [Je viens du sud et je suis un homme de gauche.]
Mais putain, ce que c'est grand.



Et puis, hier, j'ai raté mon dernier métro parce que j'ai voulu être cool avec un clochard (en plus il bavait pas et il avait les mains propres, en plus d'avoir de la conversation et des cheveux sales). Ça m'apprendra, tiens, à vouloir être cool. Parce que du coup, j'ai dû rentrer à pied chez moi. Mais en fait pas du tout, puisque je suis allé me bourrer la gueule au bar du coin et j'ai été ramené par des gars du Samu Social (qui se bourraient eux-aussi la gueule). C'est cool, le Samu Social.


Mais que tout ça ne vous décourage pas d'aller voir l'expo d'Olivier Jobard (de SIPA), Sans-papiers, Exil = Exit ?, à la Bastille jusqu'au 21 février, en collaboration avec Médecin du Monde (le truc de l'époque où Kouchner couchait dans le bon camp [s'il vous plaît, pas de jeu de mot vaseux avec les camps).
Pour une fois qu'on ne nous sert pas de l'expat misérabiliste à souhait, pour une fois qu'il y a des vrais morceaux d'humanité dedans. Plus une note spéciale pour la scénographie, dont la géniale "Boîte Noire" (vous découvrirez sur place).


Ah, tiens. Si vous êtes aussi perdus que moi, vous vous retrouverez peut-être à dire à un grand black de dos "pousse-toi mon grand, tu m'empêches de passer", lequel grand black s'appelle Yaninck. Noah. [Woah \o/ ]




[Et, oui. La fornication fait partie de mes droits constitutionnels.]





Aniki
[Fallait que je prenne un pseudo en A, pour pas faire tâche. Et, oui, "Tragloumêne", c'est un prénom très difficile à porter. Remarquez, j'aurais pu m'appeler Bruno.]