16/02/2010

Massimo Siragusa

"Un être vous manque et tout est dépeuplé", y'a un vers qui dit ça, perso quand un être me manque je me sens comme une bamba triste… héhé.
Non plus sérieusement, quand je suis triste j'ai un peu l'impression d'évoluer dans le Paris figé des photos de Doisneau. Pas celles sur les écoliers polissons qui te donneraient envie d'avoir 4 gosses avec le premier venu… Et je dois dire que ce voisin de métro me parait parfait… en plus vu sa gueule, il ne risque pas de me faire chier sur la garde alternée. S'il ne réagit pas à mes discrètes pressions je continue ce post.

Bon je disais, Spleen sentimental, donc pour couper court à ce sentiment je mate les photos de l'italien Massimo Siragusa.
Massimo a fait pas mal de pub notament pour Lavazza, Alfa Romeo et aéroport de Milan. Il a reçu le deuxième prix du World Press Photo en 2008 dans la catégorie Art Stories pour sa série Tempo Libero. Et c'est à peu près tout ce que l'on peut dire d'intéressant sur lui. Mais à la limite on s'en fout, ses photos ultra bright à la Martin Parr sont tout ce qui m'importe.


Laurie.





World Press Photo

Le prix World Press Photo 2009 a été décerné à l'italien Pietro Masturzo pour son cliché d'une femme criant sur les toits de Téhéran.
Ce n'est pas de la douleur, ce n'est pas non plus un appel à la haine. Elle a juste les mains autour de la bouche et a l'air de gueuler assez fort pour gagner le plus prestigieux prix de photojournalisme.




Le jury se justifie en disant (et je cite Kate Edwards): "The photo has a powerful sense of atmosphere, tension, fear - but also of quietness and calm, and in this sense was a challenge as a choice. We were looking for an image that drew you in, took you deeper, made you think more - not just about showing what we already know, but something that asks more of us."
Nous sommes d'accord cette photo est très belle et il est vrai que l'aspect artistique a tendance à se perdre dans le journalisme actuel: oscillant plutôt entre photos sanguinolentes et mobiles upload. Le jury rappelle que chercher à choquer avec des photos trash ne suffit pas.
Ok, c'est noté.

Mais bon c'est quand même hyper snob de choisir ce type de photo pour témoigner d'une révolution où des mecs se font tuer un peu partout et jusque dans leurs chambres d'étudiants.

Et c'est quand même une putain d'avancée que de pouvoir être saoulé par toutes ces photos qui montrent "what we already know", surtout dans un pays où les chaines d'info sont censurées, les journalistes étrangers renvoyés back home et les autres direction la prison.
C'est ainsi que nous avons une mention spéciale pour une photo extraite d'une vidéo de portable. Vous savez celle de la nana qui se prend une balle en pleine tête en pleine rue et qui devient pour le monde entier et pour quelques semaines le symbole de toute une génération, une martyre de la répression …

Or donc ce que nous dit le jury de ce prestigieux prix c'est "journalisme d'un coté et art de l'autre". Les mecs qui sont dans la manif sont de toutes façons foutus, donc ils s'occupent d'envoyer des photos avec leurs portables, et les gentils photographes prennnent de jolies photos sur les toits.

Je trouve ça un peu triste. Bien sûr que c'est top d'être submergé d'images et d'infos pour ce type d'événement, bien sûr que c'est génial qu'un téléphone portable et une connexion internet suffissent à te donner une voix au niveau mondial. Mais je reste hyper tradi: pour moi le talent d'un reporter c'est : 1. d'avoir les couilles d'aller là où ça chauffe et 2. d'avoir le sang-froid et l'intelligence d'y prendre des photos de dingue.
J'ai l'impression qu'aujourd'hui on envoie chier les reporters à la Capa, que la noble vocation de défendre l'information au péril de sa vie est clairement has been et que Joseph Kessel serait une célébritée. Les petits garcons rêvent d'attraper des pokemons, ma soeur se déguise en Paris Hilton pour le carnaval et Magnum vend ses archives à Michael Dell, Sale Epoque.



Heureusement que l'Argentin Walter Astrada est là, tradi à souhait, pour gagner le prix dans la catégorie "spot d'actualité' avec cette photo beaucoup trop marrante.


Laurie.

15/02/2010

Bertone x Diane


Disons que Gildas a un goût inné pour les bonnes choses. Chambord + Charles Lafitte, un cadre Mercier sur le mur, des bouteilles de Absolut SM, Gay Pride et mini, des enceintes dans la cuisine, ainsi qu'un renard/écharpe pour que ses invités se mettent facilement à l'aise.
Je crois qu'on fond de son cœur il a un côté italien. Il roule en Vespa, achète ses tee shirts à Turin, et veut une Alfa Roméo.
Grâce à lui, 135 n'est pas un site de tuning.

Aurélien.



Pour mon premier article sur Centtrentecinq, je ne vais pas tout révolutionner et garder la même stylisation de titre. En plus, Sébastien Charlot de Maelström fait la même chose, donc je suppose que c'est plutôt cool.

Bon Diane, tout le monde la connaît (ou vous connaissez au moins sans le savoir ces flyers - en cliquant sur "Diane", il y a un lien vers son blog). Tout ça pour dire que ce n'est principalement pas elle que je veux vous présenter. Je vais plutôt vous parler d'un mec qui a dessiné un nombre impressionnant de belles voitures. Notamment celle que j'aurai dès que ma banquière sera d'accord avec mes idées.

Pourquoi je vous parle de lui? Revenons en à Diane qui m'a dit précisément hier, vers 21h40, qu'une Alfa Roméo Giulia (coupé Bertone), c'était pareil, pour elle, que la Twingo de sa mère.

Donc je me suis posé cette question : Comment quelqu'un qui fait des études plutôt artistiques, peut dire ça ? C'est un peu comme si je disais à n'importe quelle fille qu'une robe Yves Saint Laurent et une robe H&M c'était la même chose, et on imagine tous les heures d'argumentation qui en résulteraient.

C'est comme ça que je vais vous présenter le travail de Giovanni Bertone. Je pense que des photos valent mieux que mes mots pour le présenter.
PS: vous pouvez toujours aller voir sur Wikipédia pour savoir qu'il est italien, de Turin (là où Gildas achète ses tee shirts - NDLR), qu'il est mort en 1972, et qu'il n'était pas très fidèle en terme de marque de caisse.


Gildas.




L'insoutenable difficulté de l'être (ou comment créer un collectif tout en restant léger, sérieux, et cool).





Je voulais un titre lourd et chiant. Je me suis dit que j'allais m'inspirer de Milan Kundera et de BHL, en saupoudrant joyeusement tout ça de tractopelles et de harengs. Ça a donné ce que ça a donné, et je n'y suis pour rien. Nonobstant quoi, Milan Kundera, c'est bien pour draguer les minettes du Printemps lorsque, rebelle, la mèche gominée au vent sur le toit du Printemps (je me répète, je vieillis), tu fumes négligemment ton cigare (alors que c'est interdit !) en feuilletant Milan Kundera (une philosophie que tu aurais pu écrire), écoutant d'un air léger Justice (une musique que tu auras pu composer), le sourire aux dents bien blanches (que tu aurais pu te laver avant de commencer cette histoire). Et, essayez, ça ne manquera pas : en moins de 20 minutes, vous aurez forcément une voix stridente qui viendra s'exciter contre votre cuisse "mais que vous avez de belles lectures, mais que vous avez un beau cerveau, mais, mais... vous venez, nous allons philosophiser chez moi ?"
[Trêve de plaisanterie, j'aime bien Kundera. C'est mon côté fillette. Et c'est très bien pour attendre sa correspondance Bangkok - Paris à RCdG.]


Mais, je vous prie, un peu de sérieux.
Après tout, si nous tenons ce blog, c'est tant pour vous parler de ce qu'il nous plaît (coups de cœur, coups de boules, coups de bites) que de ce que nous sommes. [Parce que, avoir un blog pour qu'il ne soit pas lu, c'est quand même un peu con.] Pour être lu, il faut donc faire parler de nous. Et il existe plein d'astuces et de solutions, dont beaucoup certainement plus débiles que d'autres. Ou certaines beaucoup plus débiles que d'autres. [C'est magique, c'est réversible, à l'endroit ça te fait un fish-eye, à l'envers ça te fais un Lomo.] Et... et... et j'ai oublié mon sujet de départ.
Ah, oui. Ça me revient.
Donc, quand on est une bande de jeunes et qu'on veut percer... Ah, finalement, ça me revient pas.





Il y a quelques soirs, j'étais au bar. Toujours le même bar, d'ailleurs, et comme j'y suis tous les soirs (sauf quand je suis dans un autre bar ou que je bois chez des amis, ça m'arrive aussi), je ne sais plus quel soir c'était. Ah si, c'était le soir du concert des Producers, au Styx, le 11 février dernier. Je passerai sur le concert, qui était franchement bien (en plus, la chanteuse, on dirait une GAM [Gouine A Mèche], et j'adore les GAM), pour en arriver directement à la pause clope.
La pause clope, c'est bien. Ça ruine la santé, l'haleine, l'odeur du bout des doigts et le compte en banque, mais ça permet de faire des chouettes rencontre. Or, la rencontre du jour a été celle d'un mec en short kaki et parka bleu ciel (en fait, je sais plus s'il était en short, je n'avais d'yeux que pour sa parka), qui gueulait plus qu'il ne hurlait (ou l'inverse) :
"Qui, qui, quiiii n'en veut du manuel de la Révolution en 10 leçons ?"


J'en déduis trois choses :
  1. La Révolution, ça se vend comme du poisson.
  2. Si t'es nul à Guitar Hero ou si tu n'as pas compris "CS4 en 10 leçons pour les nuls", il est toujours temps de te faire révolutionnaire. [Avec un pied dans une santiag et l'autre sur la pédale du fixie.]
  3. Quand il fait froid, une parka bleu ciel, ça attire plus le regard qu'un bikini.


Et du coup, je l'ai pas acheté, son petit manuel.
C'est dommage. Ça m'aurait peut-être permis de comprendre un peu mieux l'essence de toutes ces manifestations d'anarcho-syndicalistes que je photographie. Même si des fois je photographie des manifestations de gays et de lesbiennes. Mais ça arrive moins souvent. Dommage. J'aime varier les positions et les plaisirs.
Et du coup, je ne connaîtrai jamais les 10 manières les plus efficaces de renverser un système (techniques transmises de père en fils, de CRS en manifestants), et cela est fort dommage. Alors je me suis dit que pour ce post, je me contenterai de rédiger mon mini-manifeste (mini, parce qu'il est tard, et que c'est aussi à vous de faire travailler votre imagination).


Ainsi donc :


"Manuel d'une révolution photographique. Pour les nuls (et les autres)."



  1. Prendre des risques tu sauras. En t'appelant LVMH et en confiant ta prochaine campagne "Louis Vuitton" à une bande de jeunes photographes talentueux. |135|, au hasard.
  2. Shaker ton boule tu shakeras, avec des top model et des CRS sur un air de Claude François à l'Internationale.
  3. Tu honoreras |135|, comme tu honores HCB et HSBC.
  4. Tu ne commettras pas d'adultère dans le laboratoire couleur. Mais ailleurs, pendant la campagne LVHM, pourquoi pas.
  5. Confiance à la jeunesse tu feras, et Maître Yoda tout comme tu parleras.
  6. Jamais de batterie vide tu n'emporteras, et jamais de Neopan 400 tu n'exposeras.
  7. Tu ne chanteras pas de rap, puisque tu es photographe, à moins que tu saches faire les deux en même temps.
  8. Dans le cibachrome tu te laveras de tous tes pêchers trois fois par semaine, même les jours de fermeture de Beaumarchais.
  9. Connaître de tous de ton nom tu feras, et Moo tu utiliseras.
  10. Arrêter de boire tu commenceras, et de photographier les filles en mini-jupe tu cesseras. [Non, je déconne.]



Bien évidemment, je ne révélerai pas les 10 vrais aphorismes qui fonctionnent.
Ça, ce sont juste des suggestions, au cas où tu serais patron d'une grosse boîte, et que tu cherches des jeunes photographes motivés, avides de savoir, de photographies, d'argent, de putes de luxe et de champagne.



[C'était ma contribution du jour.]
[On admire, on applaudit et on va me chercher une bière. Merci.]







Aniki.

14/02/2010

Marcel Veldman


Samedi : le premier jour d’un weekend comme un autre.

Levé à midi, lavé à 15h, je décide d’aller manger un hamburger chez Ronald en attendant Gildas pour aller dépenser de l’argent.
“Bonjour, un Royal Cheese et un hamburger s’il vous plaît.” - “Quatre Soixante !” - “D’accord, je paye pas carte.” Eh ouais, 4 euros 60 centimes, payés avec Eurocard Mastercard.
La fille ne m’a même pas demandé si c’était sur place ou à emporter. Elle savait bien que par zéro degré Celcius, personne n’irait manger dehors.
Gildas est arrivé quand je venais à bout de mon Quarter Pounder with cheese. Nous avons enfourché nos bicyclettes, nous sommes jetés dans le trafic du Bvd St Germain, et nous nous sommes rendus chez Crocodisc. Résultat : un live des Libertines pour lui, et un live de Jefferson Airplane pour moi.
Deuxième boutique : Ground Zero. Sur la route nous manquons de passer sous les roues d’une voiture allemande dont le prix atteint aisément les 6 chiffres. Ce connard de riche a tourné à droite sans regarder son rétroviseur. Visiblement, il ne se doutait pas qu’il avait deux cyclistes derrière lui.
Troisième boutique : Lazy Dog. Aucun incident notoire sur la route. Nous entrons dans la galerie, fiers de ne pas avoir acheté de disques chez Ground Zero. Je me souviens encore dire “je suis content, j’ai réussi à ne pas acheter un 2ème vinyle, je vais pouvoir prendre un livre nul ici”. J’avais tort, mais je ne pouvais pas encore le savoir.
Nous étions dans la galerie. Je regardais les murs sans même m'en rendre compte. Le but d’une galerie est d’exposer, le but du Mr Toutlemonde qui y entre est de regarder. Je regardais. Au bout d’un peu moins d’une minute je me suis rendu compte que mes yeux voyageaient sur le mur en passant d’une photo à une autre. En réalisant que c’était une expo de photos, je suis sorti de ma léthargie habituelle. J’ai entendu la voix de Gildas. Elle disait “elle est bien celle là”. Je ne sais même pas de quelle image il parlait.
Nous sommes sortis avec une sérigraphie chacun. La même.

Le type qui exposait au Lazy Dog s’appelle Marcel Veldman. C’est un photographe hollandais qui a passé beaucoup de temps avec des mecs qui font de la planche à roulettes. Il a fait ça pour le compte de Nike SB. La marque de sport a sorti un livre et des chaussures pour l’occasion. J’ai cru comprendre que cette exposition était itinérante, mais je n’ai pas cherché plus d’infos pour confirmer la rumeur.

Mon train voyage actuellement avec un retard de 40 minutes. Les gens soufflent dans les wagons de la première classe. Ils sont exaspérés. Pour ma part, ce sont les cris des enfants qui m'insupportent le plus.


Aurélien.






11/02/2010

John Maynard Keynes x Niels Ackermann



Quoi ? Une chronique de mode ? Mais on s'en branle bordel !


Après les classiques chaussettes de tennis à rayures bicolores et le tristement célèbre slip kangourou, il y a un vêtement que chacun se doit de posséder : le tee shirt blanc.
GQ conseillerait de ne pas le porter sous une chemise, mais plutôt avec une veste Kitsuné et un jean APC, mais comme je ne suis pas GQ (encore heureux), ce n'est pas là que je veux en venir.
Le tee shirt blanc doit être l'un des vêtements les plus simples et les moins chers à produire. Blanc uni ou affublé d'un logo stupide, le prix varie très peu. La marque Loft Design By l'a compris et vous propose de sortir de la Crise (avec un C gros comme ton cul) en portant des tee shirts blancs avec des visages d'économistes gribouillés au marqueur fluo.
Trois modèles au choix : John Maynard Keynes, Karl Marx, et Joseph Schumpeter.

J'ai juste oublié de préciser qu'ils ont un humour très spécial chez Loft. Ils vendent leurs tee shirts blancs pas chers à 50 petits euros.


Pour ceux qui s'en tapent des vêtements blancs, voici le site de Niels Ackermann, un suisse de l'agence Rezo.


Aurélien.





09/02/2010

James Nachtwey x Laurie Pandora


Ca fait environ un mois que j'ai envie de dire ça : "je te présente Laurie, on était au CM2 ensemble".
Ici c'est Laurie, avec qui j'étais en CM2, qui présente James Nachtwey.

Voici les photos de Jimmy en Haïti, et le site de son agence, VII.

Aurélien.



"James Natchwey est photographe de guerre.
J.N a tout fait, a tout vu. C’est un peu le grand sage dans Kirikou, sauf que sa life est moins funky que la route des flamboyants.
James a choisi son métier, dans un contexte où Facebook , Twitter et Photoshop n’existaient pas. À une époque où ces mecs étaient les seuls à pouvoir s’opposer efficacement aux discours politiques en témoignant photos à l’appui, bref à une époque où ce taff était encore reconnu.
Jimmy, c’est un peu le mec qui te pousse à penser que les hommes ont des destins et que le sien était clairement de prendre des photos dans de sales endroits. Il cherche toujours à aller au plus proche de l’action, prends donc des risques hallucinants, mais vit toujours. Il y a, par exemple, cette série sur les émeutes en Indonésie à la fin du régime de Suhardo : un homme passe à coté de lui en courant, poursuivit par d’autres mecs qui ont clairement décidé de lui couper la tête ; au lieu de fuir, J. Natchwey s’engage dans la course et photographie tout jusqu’à la tête qui roule.
Il existe un film sur James N. Il s'appelle War Photographer et a été réalisé par le suisse Christian Frei. C’est marrant, la plupart des plans sont filmés par une caméra calée sur son front parce que trop peu de cameramen sont prêts à l’accompagner.
Sur son site y'a écrit "I have been a witness, and these pictures are my testimony. The events I have recorded should not be forgotten and must not be repeated". Perso, j’ai envie d’y croire."


Laurie.