04/03/2010

Jessica Dimmock



Dans son livre Junky, William S. Burroughs raconte son expérience de l'héroïne, l'expérience d'une vie entière.

Papi Burroughs s'appellait déjà William Seward Burroughs, notre Willy junky est donc le 2nd William Seward Burroughs de sa famille. En 1947, il a affublé son fils du même nom. "Jamais deux sans trois" comme disent certains piliers de bar. Le Junky n'en est pas moins unique.

La vie de William S. Burroughs fut quelque peu mouvementée. La base est la même que pour un individu lambda. Il est né, il est mort. Entre ces deux dates buttoirs, Willy a fait plein de choses improbables.
Une fois où il avait consommé un peu trop de trucs qui altèrent la conscience et mettent dans un état second, il s'est pris pour un Guillaume Tell des temps modernes (un flingue à la place de l'arc) avec Joan, sa femme. Elle a perdu.
Ils étaient au Mexique. Elle n'a pas choisi d'y rester, il a choisi la fuite et la came.


L'un est romancier, l'autre photographe.
Si William S. Burroughs aborde le thème de la drogue grâce à sa prose et ce qu'il a vécu, Jessica Dimmock documente la vie d'accros à l'héro' cloitrés dans un appartement new yorkais.


La vidéo de the Ninth Floor.
www.jessicadimmockphotography.com


Aurélien.






03/03/2010

Harry JR Mitchell x Laurie


Dans la banlieue de Santiago samedi 27 février, après le séisme. (Photo Reuters)

En école de commerce il y a des gens qui vont à la messe, ont leur carte au FN et te regardent droit dans les yeux en disant « c’est statistiquement prouvé, les versaillais sont plus intelligents que le reste de la population française ». Mon ancien colloc' étant un de leurs sympathisant, pas un fervent défenseur mais un sympathisant. Ce qui dans la vie de tous les jours peut t’amener à des débats plutôt marrants.

J’ai toujours été fascinée par cette « population », leur capacité à jongler entre la défense de leurs théories et le silence réglementaire. Comme au lycée quand tu voyais qu’étonnamment Amédée ne la ramenait pas beaucoup, et qu’après lui avoir proposé 3 fois de prendre la parole il balançait à bout de nerfs que « c’était quand même contre-nature qu’un mec touche un mec, merde. ».

Ce que je trouve génial, ce sont les arguments logiques mis en avant pour défendre une théorie qui d’elle-même démonte déjà une bonne tripotée d’arguments logiques. Par exemple « non mais c’est logique, mathématiquement on ne peut pas accueillir les 6 milliards de terriens sur le territoire français parce que y'a pas la place. Et c’est pas juste de dire oui à toi et non à l’autre, donc moi j'trouve ça normal de dire non à tout le monde : j'veux dire on a pas le choix » J’adore. Redorer son blason en fin de citation, balance la justice en mode fourbasse, c’est assez habile, c’est presque charitable d’ailleurs. Il a bonne conscience, l’essentiel est là.

C’est un raisonnement complètement différent du mien : décider d’une théorie puis trouver des arguments pour justifier sa croyance VS étudier les arguments qui la justifie puis choisir une théorie. Je n’aurais pas la prétention de dire que l’un des raisonnements vaut mieux que l’autre. Je ne sais pas d’où ça vient. Peut être de la religion : à partir du moment où l’on croit au créationnisme on est prêt à toutes les pirouettes d’esprits.

Bref, ces gens là ne lisent pas Libé. Ce qui peut s’avérer assez pratique puisque j’ai toujours eu du mal à m’organiser ; 2 mois après je n’ai toujours pas changé l’adresse de mon abonnement. Quand je passe chez eux, j’ai donc toujours le plaisir de retrouver mes journaux intacts, emballés, proprets, waiting for me. Ce week-end j’ai mis la main sur un Next (celui avec Emmanuelle Seigner en couverture et Diesel en contributeur principal).

Y’avait un reportage sur les homos/trans iraniens en exil au Pakistan qui m’a mené jusqu’à ce post. Mais à la réflexion les photos m’emmerdent un peu. Un peu trop dans le délire un rien pour un tout. Le genre de plan rapproché sur le reflet d’un miroir, une clope fumante et deux pov doigts avec une légende à rallonge type « Amir est arrivé ici il y a deux ans, il ne parle à personne, les voisins pourraient le dénoncer ou le punir, son mec est réserviste dans l’armée tamoul, il n’a pas de nouvelles depuis 3 mois et songe au suicide »... BORING.


Pandora.




Harry JR Mitchell vit en Angleterre, à Brighton. Voici un aperçu de ses photos et son blog : www.harrymitchell.wordpress.com




02/03/2010

FIFA 2010 - Tu seras attaché-vedette, mon fils !

[Click to enlarge you pen... picture]







Silence.
Lumière.

Action !



01/03/2010

FIFA 2010 - Let's go to the FIFA !

Sous le coup de l'émotion, sous la somme astronomique de tout ce que j'ai à dire, de ce que je voudrais dire, de ce que j'aimerais ne pas oublier de dire, je ne savais pas comment commencer. Alors du coup, je ne commence pas, et je passe directement à la suite.






Le 31 janvier, Aurore, que j'ai pour désagréable habitude de ne voir qu'une fois par an (quand je ne tente pas carrément de la tuer à coup de Clio dans les ravins espagnols), était de passage à Paris. Un passage assez rock'n roll, d'ailleurs, un peu comme chacune de nos retrouvailles, mais surtout plutôt court. D'où sa proposition de génie ! [Que j'ai d'abord trouvée foireuse]
"Ça te dirais pas venir faire le Festival International du Film d'Amour, à Mons, vers la fin du mois de février ?"

Euh...
"Alors, tu as pris tes billets ?"
Euh...
"Alors, tu as envoyé tes coordonnées ?"
Euh...
"Alors, tu arrives quand ?"
Euh...
"Alors, tu es certain d'avoir un train demain pour venir ?"
Euh..




J'ai toujours été d'une nature hyper organisée. Ce qui pose problème, puisqu'au Festival de Mons, j'étais censé être "Attaché - Vedette", donc d'organiser les déplacements quotidiens et rendre indolores les diverses obligations et corvées des invités dont j'aurai à m'occuper.
Arrive le 19 février 2010, jour du départ. Comme d'habitude, je n'ai pas d'argent. Je gruge le bus. Je gruge le métro. Je sors du métro à la gare. Et me rends compte que ce n'est pas la bonne gare. Comme les portiques sont d'un accès malaisé (paraît qu'ils sont prévus pour empêcher de gruger l'accès au métro), je me motive à marcher jusqu'à la bonne gare, c'est à dire de celle de l'Est à celle du Nord (heureusement que je n'avais pas confondu Montparnasse et la Gare de Lyon). Arrivé là, l'aventure commence réellement.
"Allô, Aurore ? Ouais, euh... bah, j'ai pas d'argent, et, ah tiens, j'ai pas de train pour Bruxelles non plus. Je fais comment ?"




Par chance, Aurore a la science ferroviaire infuse. Ni une ni deux, mon trip "Paris - Bruxelles - Mons" se transforme en "Paris - Lille Europe - Lille Flandre - Namur - Ah non en fait Liège - Bon finalement Mons direct". A cause de l'accident du 15 février dernier, c'est encore plutôt le bordel sur la ligne internationale. Etant donné l'effervescence ambiante, je tente le tout pour le tout, et me lance dans le combo "et si je grugeais le train ?"
Et me voilà assis sur ma valise, accroché aux crochets à vélo, du compartiment vélo du premier TGV pour Lille qui m'est passé sous la main (ou sous le pied, enfin, nous nous sommes compris). J'évite l'inconfort de certains, restés debout, et me paie même le luxe de m'endormir, étranglé par ma cravate et suffoquant (genre un mix d'agoraphobie, de claustrophobie, de stress du clandestin et du mal des transports).
Arrivé à Lille, je me dis que j'aurais dû rester à Paris. Les Lillois sont encore moins disciplinés que nous, et beaucoup ont encore du mal à comprendre que c'est difficile de remplir un train sans le laisser se vider au préalable (autrement dit "bouge de là, faut que j'aille choper mon train !" [et ça marche dans les deux sens]). C'est une philosophie de vie que j'entends parfaitement avec la bière.
Je n'ai toujours pas un rond, et me traîne misérablement jusqu'à Lille Flandres (mais toujours déguisé en Stinson, sinon c'est pas drôle). Un train pour Liège m'attend. Il arrive dans 10 minutes. 9 minutes plus tard, le train se voit annoncé avec 30 minutes plus tard. 9 minutes plus tard, il n'a plus que 10 minutes de retard. Et la seconde juste après, le train est bel et bien annulé.
Je vais fumer une clope. J'ai faim, je mangerais bien des frites.

Tiens, je vais aller geeker. Ah bah non, finalement, un autre train pour Liège arrive dans 10 minutes. Je l'attends, dans le froid, dans le vent, entouré de Lilloises toutes plus jolies que les autres, mais je l'attends (le train). Pour rien, au final, puisqu'il est annulé. Au final, j'ai attendu près de 2 heures à Lille. J'ai su me débrouiller pour acheter un billet, et une fois dans le dernier train qui me ferait passer la frontière, je suis pris d'un affreux doute : "merde, il s'arrête bien à Mons ?"... Oui. Il l'a fait !

J'appelle Nathalie (vous allez beaucoup en entendre parler), qui me dit qu'un chauffeur vient me chercher à la gare de Mons. Un chauffeur ? Tiens, marrant, ça risque de me changer de mes transports en commun fraudés. Je m'imagine déjà avec un espèce de taxi new-yorkais et un chauffeur pakistanais. Donc je cherche une voiture correspondant à cette description, estampillé du logo du FIFA. Je cherche, j'attends, et finalement je vois arriver une kolooooosssal Mercedes Classe R noire. Boudiou, ça sent bon cette histoire ! Du coup, l'arrêt obligatoire à l'Auberge de Jeunesse prend un goût de prolétariat.


Briefing.
Présentations.
Fin de soirée de gala (autrement dit, avec Aurore, nous avons fini les bouteilles de rouge et de blanc du grand thétâtre), et dodo.


Mons, me voilà ! FIFA, à nous deux !
Et toi, Pierre-luc Brillant, je ne sais toujours pas qui tu es, mais t'as intérêt à être cool !





Affaire à suivre...






Aniki

28/02/2010

I fuck all the time



Laurie m'a envoyé ça, j'ai toujours eu des doutes sur elle. Déjà en CM2 je trouvais ses petites robes louches. Je suis sûr qu'elle se foutait des corsets en alligator en dessous.

Les photos sont de Dana Goldstein.

Aurélien.




J’ai envie d’écrire. Il paraît que ça aide à réfléchir. J’ai mis mon cerveau en pause jeudi vers 22h18. Depuis ma perception des choses est complètement altérée. Je me souviens avoir perdu une chaussure puis l’avoir retrouvée pour perdre la première. J'me souviens avoir fait mon code pour une teille de whisky mais n’en avoir bu qu’un verre. Je me souviens avoir été saoulée par mon téléphone et l’avoir par conséquent balancé un peu partout et contre tout. Il fait gling gling maintenant, c’est cool. Je me souviens avoir dormi, beaucoup, 12heures d’après les horloges de l’appart. Plus tôt dans la journée j'me souviens être allée au Mac Do et faire demi tour une fois arrivée devant la caisse. En revanche je n’arrive pas à me souvenir si j’ai enlevé mon tee shirt ou pas. D’après mes sms j’ai débattu avec un pote de la meilleure façon de se suicider. Je me souviens avoir bu du sirop Teisseire à la framboise tellement vieux qu’il y avait des grumeaux. J'me souviens avoir vomi les grumeaux. J’ai également fait de la semoule mais je ne l’ai pas mangé parce que j’ai eu peur des petits grains. J’ai eu peur qu’ils se coincent quelque part dans mon corps et qu’ils m’empêchent de vivre. En plus le suicide par injection de semoule est clairement has been.
Y'a des événements dont je suis plus ou moins sûre. J’ai dormi sur le canap du salon, j’ai été réveillée par ma voisine qui avait dû décider de déménager à 4h du mat'. Ca m’a mis dans un état de stress incroyable. Sueurs froides et cœur à fond les ballons. En revanche je n’arrive toujours pas à m’expliquer pourquoi.
Je me souviens avoir reçu des appels, regardé mon téléphone sonner mais ne pas décrocher. J'me souviens avoir matté des photos pendant 37 minutes pour me calmer. Les gens faisaient du bruit dans la rue, j’avais l’impression d’être dans une immense fête au village à laquelle ma raison n’était clairement pas invitée. Une voiture faisant un bruit de dingue est passée. J'm’en souviens parce que ça m’a réveillé. Je ne sais plus si les flics sont venus, des filles criaient dans la rue en tout cas.


Pandora.





Under great white northern lights.



Samedi soir. Il est 1h. J'ai pas vraiment l'habitude de rentrer si tôt un jour pareil.



Je rentre du Rex. Il y avait un truc présenté comme LA soirée hype des gens qui kiffent les White Stripes. Comme ma bibliothèque iTunes me dit que c'est l'un des groupes que je fais subir le plus à mes tympans, je me devais d'y être.

17 euros. C'est le prix qu'il fallait mettre pour avoir le droit de poser son cul dans un fauteuil du Rex ce soir là. Peu de gens sont prêts à mettre le prix d'un dévédé dans une simple place de cinéma. Il faut se le dire, ceux qui étaient là étaient bien fous de ne pas avoir passé la soirée à boire du vin chez un de leurs potes.




J'ai noté quelques trucs sur mon téléphone pendant le film, les voici :

- Avant le film on a eu droit à des clips, et l'interview du réalisateur en direct. Les clips ok, ça peut être une bonne idée. Mais les types qui ont fait le montage ne savaient certainement pas que Paris est la capitale de la France, on a eu droit à Icky Thump en VOST Espagnol. Traduire les paroles d'une chanson, à quoi bon ?
(Après coup, et sans vérification, je me demande si les sous-titres en espagnols ne sont pas voulus…)
- Julien Doré était là. Merde, j'ai pas vu les BB Brunes.
- La qualité des clips est horrible. Ils ont vraiment pas choisi les meilleures versions sur Dailymotion. Peut être que demander les HD à Gondry et Coppola aurait été une bonne idée. Ca aurait fait plaisir aux yeux du public.
- J'ai l'impression d'être sodomisé comme si j'achetais une image de diamant à 15000 euros sur l'App Store.
- Seven Nation Army. Je suis hypnotisé. C'est le clip qui veut ça.
- Meg White n'est pas belle, et en plus elle parle jamais. Ses quelques interventions étaient sous-titrées.
- L'interview du réalisateur (il paraît qu'il est venu exprès de Los Angeles) n'a servi à rien.
- "Every single thing about the White Stripes is a lie" - Jack White.
- On a vu les 10 ans des White Stripes, ils ont fêté ça sur scène. Quand ils jouent à Halifax, Meg porte un kilt. Jack aussi.
- Une partie de la salle est devenue hystérique après avoir vu Seven Nation Army dans le documentaire. Applaudissements, hurlements, sueurs. Les filles jetaient leurs sous vêtements sur scène pour le plus grand bonheur d'absolument personne.

Pour conclure, Emmett Malloy (son nom ne vous dit rien ? normal, c'est le réalisateur) nous met le binôme sur un banc. Jack joue White Moon au piano, et Meg pleure.




C'est différent du rendu hyper granuleux de Under Blackpool Lights. J'en dis pas plus. Le film ne passe pas au cinéma, débrouillez vous pour le voir.


Aurélien.

27/02/2010

God save the van.




Partis de Pologne dans un van de location, ils ont traversé la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie (les trois pays que tu confondais en géographie en 4ème), et la Finlande. Romain et son équipe sont enfin arrivés à Cap Nord.
On attend qu'il rentre pour qu'il nous raconte tout ça.

(Sur la photo du haut, ils sont à Nordkapp. C'est le bout du monde.)

Aurélien.